2ème Dimanche de Carême B

Nous sommes toujours heureux de retrouver le récit de la Transfiguration comme chaque année le 2ème dimanche de Carême. C’est un récit de paix car la prière est au centre et la prière véhicule toujours la paix. C’est un récit éblouissant par la transfiguration de Jésus. On peut se mettre à la place des trois apôtres et se demander comment nous aurions réagi devant l’éclat du visage du Christ et la blancheur de ses vêtements. Jésus révèle sa nature divine ; c’est aussi une anticipation de sa résurrection car la couleur blanche était présente le jour de Pâques autour du tombeau vide.

Il y a des signes venus de l’Ancien Testament comme la présence de Moïse et Elie pour montrer toute la cohésion de l’œuvre du salut. Jésus est venu accomplir la loi, il est celui qui était annoncé par les prophètes. Il y a la nuée qui conduisait les Hébreux à travers le désert et qui les protégeait. De cette nuée vient la loi du Père qui parle d’amour : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé » en désignant Jésus. « Ecoutez-le ».

L’AT, nous en avons aussi entendu un récit à travers le sacrifice d’Isaac. On se demande si Abraham avait bien compris ce que lui demandait le Seigneur. Voulait-il vraiment la mort d’Isaac ou voulait-il qu’Abraham s’en détache, n’ait pas une relation possessive avec son fils ? Abraham a fait preuve d’une grande foi et il est félicité pour cela. Il a sûrement compris ce jour-là que son fils ne lui appartient pas mais appartient à Dieu. Les parents se reconnaissent peut-être dans ce récit. Leurs enfants leur échappent parfois, ils traversent des épreuves avec eux. L’important est de les présenter au Seigneur, de les éduquer dans la foi, de vivre les épreuves dans la confiance. Ce n’est pas le Seigneur qui les met à l’épreuve, c’est plutôt lui qui désamorce la violence.

Jésus, sur la montagne de la transfiguration, se prépare à être le nouvel Isaac. Il gravira une autre montagne, celle du Golgotha où il sera lié lui aussi, lié à la croix. Il ne sera pas délivré et se sentira même abandonné par son Père. Jésus mourra mais ressuscitera trois jours après. Jésus annonce sa prochaine mort et résurrection à Pierre, Jacques et Jean en descendant de la montagne, mais ils ne comprennent pas. Ils comprendront lorsque Jésus leur apparaîtra en leur disant : « La paix soit avec vous ».

Ces deux récits évoquent la violence humaine. Celle d’une religion mal comprise à travers le sacrifice d’Isaac, et celle que Jésus subira lors de sa Passion. Nous croyons en un Dieu qui vient nous rejoindre dans nos souffrances et qui vient désamorcer la violence en nous aimant jusqu’au bout, en donnant sa vie pour nous.

Nous aussi nous sommes invités sur la montagne de la transfiguration lors de notre chemin de foi. Jésus nous prend parfois à l’écart pour nous faire vivre des expériences très fortes, qui nous dépassent, où on ne peut pas tout expliquer mais qui nous remplissent de force et d’amour. Laissons-nous entraîner par Jésus sur ces sommets de prière, d’amour, d’amitié, pour avoir nous aussi une vie transfigurée par l’amour de Dieu et avoir une vie rayonnante de cet amour.

P. Jean-Christophe Cabanis

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