33ème Dimanche B

Le tableau est impressionnant dans cet évangile : le soleil s’obscurcit ainsi que la lune, les étoiles tombent du ciel. C’est tout le cosmos qui est concerné par cette catastrophe annoncée. Seul le Fils de l’homme peut vaincre ce chaos, c’est ainsi que se nomme Jésus : le Fils de l’homme. Il se présente comme un rassembleur des élus des quatre coins du monde, des extrémités de la terre et du ciel. Le soleil s’obscurcit, mais on sait que le Fils de l’homme, le Christ, c’est aussi celui qui est la lumière. Nous sommes dans un monde incertain dont l’avenir s’obscurcit, avec ce que nous entendons sur le réchauffement climatique, la crise dramatique des migrants, les inégalités sociales,… C’est Jésus que nous devons fixer et suivre, comme celui qui est la lumière, qui éclaire toutes nos décisions, et celui qui nous rassemble. C’est la maison commune qui est en danger, comme le rappelle notre pape François. A nous de nous rassembler au lieu de nous diviser dans le monde.

Et puis, Jésus ne veut pas nous faire peur. Il prend des images dans la nature, dans la Création qui nous est proche. Il prend l’image du figuier. Il demande d’être observateur pour comprendre ce qu’annonce le figuier dont les branches deviennent tendres : l’arrivée de l’été. N’est-ce pas un appel à la tendresse que nous adresse Jésus à travers cette image ? La tendresse, c’est-à-dire l’affection pleine de délicatesse et de douceur. A nous d’être observateurs de tout ce qui est tendre autour de nous, de ce qui est fragile mais plein de promesses. Ne soyons pas toujours marqués par ce qui est dur et violent dans l’actualité. Soyons attentifs à ce qui va naitre, à ce qui va dans le sens de la vie et de l’amour, à ce qui annonce l’été c’est-à-dire le temps des fruits et des moissons. A nous d’être tendres et doux, comme nous y invite la Béatitude : « Heureux les doux, car ils possèderont la terre ». Cette terre dont nous sommes inquiets. Elle subit beaucoup de violence. Jésus nous apprend au contraire la douceur, l’engagement non-violent, le don de soi.

Le psaume d’aujourd’hui nous aide à avoir une attitude droite dans un monde incertain, chaotique. « Seigneur, de toi dépend mon sort. Je garde le Seigneur devant moi sans relâche ; il est à ma droite : je suis inébranlable ». Cette certitude que le Seigneur est à nos côtés nous permet d’aborder le présent avec assurance. Parce que c’est le présent qu’il faut bien vivre, de façon constructive, pour que l’avenir soit dégagé.

« Mon cœur exulte, mon âme est en fête ». La certitude que le Seigneur est à nos côtés non seulement nous rassure mais nous remplit de joie.

« Tu m’apprends le chemin de la vie : devant ta face, débordement de joie ». La vie n’est pas facile, elle nécessite un apprentissage. Jésus, si nous le suivons, nous apprend ce chemin, un chemin fait de rencontres, un chemin où les obstacles ne nous arrêtent pas, un chemin qui nous procure de la joie. Un chemin que nous avons aussi à enseigner aux plus jeunes. Le chemin de la vie, il est parcouru grâce à la force intérieure de la foi et de la joie.

« A ta droite, éternité de délices ». Les textes d’aujourd’hui ne sont pas faits pour nous faire peur, mais pour nous assurer que la mort n’a pas le dernier mot, même si la mort est très menaçante aujourd’hui. C’est l’éternité de délices qui nous est promis. Les délices commencent sur ce chemin terrestre chaque fois que nous agissons pour la justice et pour la paix, chaque fois que nous partageons notre joie de croire en un Dieu qui sauve le monde.

P. Jean-Christophe Cabanis

 

Dn 12, 1-3 ; Ps 15 (16), 5.8, 9-10, 11 ; He 10, 11-14.18 ; Mc 13, 24-32

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