3e  Dimanche C

Nous avons commencé l’année St Luc depuis le début de l’Avent. Aujourd’hui, nous entendons l’introduction de l’évangile et la première scène après le baptême de Jésus et ses 40 jours au désert. St Luc est sûrement l’évangéliste qui insiste le plus sur l’Esprit-Saint. C’est l’Esprit qui est venu sur Marie au moment de sa conception. C’est l’Esprit qui a mené Jésus au désert et qui, là, lui fait parcourir toute la Galilée en faisant du bien. Et ce jour-là, c’est l’Esprit qu’il retrouve dans la parole d’Isaïe qu’il vient de lire : « L’Esprit du Seigneur est sur moi parce que le Seigneur m’a consacré par l’onction ». « Il m’a envoyé porter la bonne nouvelle aux pauvres… » Jésus est né pauvre à Bethléem et c’est vers les pauvres qu’il se sait envoyé. Cela ne veut pas dire qu’il est venu seulement pour une catégorie de personnes, celles qui sont les plus pauvres matériellement, même si elles ont une place de choix. Nous avons tous nos pauvretés, nous sommes tous aveuglés par quelque chose qui nous empêche d’y voir clair dans nos vies, nous sommes captifs de ce qui est de l’ordre du mal, de dépendances,…

Jésus est venu guérir, faire du bien aux plus pauvres de son époque. Mais ses paroles sont aussi pour aujourd’hui parce que Jésus est bel et bien vivant, ressuscité. Et ce qu’il dit à la fin du passage d’Isaïe est particulièrement intéressant : « Je suis venu annoncer une année favorable accordée par le Seigneur ».

Nous venons de nous souhaiter une bonne année et nous continuons jusqu’à la fin du mois Nos vœux sont sincères, pourtant nous sommes un peu fatalistes. Nous nous disons que chaque année a son lot de misère, comme la pandémie ces dernières années, qui n’est pas finie. Mais nous sommes invités à scruter les signes des temps qui nous sont donnés, les signes d’amour qui ne sont pas empêchés par toutes les contingences. Nous sommes aussi acteurs de cette année favorable. Nous sommes aussi habités par l’Esprit-Saint qui nous consacre comme des rois et des reines du Royaume de Dieu. Qui nous envoie porter la Bonne Nouvelle aux pauvres, annoncer aux captifs leur libération et aux aveugles qu’ils recouvreront la vue. Nous sommes porteurs de bonnes nouvelles, nous pouvons, par notre vie dans l’Esprit, faire en sorte que le Royaume de Dieu rejoigne les plus éloignés. Etre témoins du Christ qui fait du bien et qui dit des paroles qui font du bien, c’est cela notre feuille de route de l’année, quelques soient les circonstances, en particulier sanitaires.

En cette semaine de prière pour l’unité des chrétiens, nous avons entendu longuement St Paul nous dire que nous formons tous un même corps. Nous avons tous nos qualités, nos dons, nos dons de l’Esprit et nous sommes complémentaires. Que ce soit entre Eglises de confessions différentes, au sein de notre Eglise catholique, au sein de notre paroisse. Nous sommes en plein synode et « marcher ensemble » cela veut dire profiter des différences, des complémentarités de tous pour faire un même corps, le Corps du Christ qui est offert pour rendre le monde meilleur aujourd’hui. Le Corps est uni, chaque membre a besoin des autres membres, nous rappelle St Paul. « Si un seul membre souffre, tous les membres partagent sa souffrance » dit-il. « Si un membre est à l’honneur, tous partagent sa joie ». St Paul a si bien compris ce qu’est le Corps du Christ qu’il dira dans un autre passage : « Ce n’est plus moi qui vis, c’est le Christ qui vit en moi ». Appartenir au Corps du Christ, c’est abandonner nos égoïsmes, ce qui ne concerne que nous, pour nous dépenser sans relâche pour ce Corps qui est l’Eglise, ou bien l’ensemble des Eglises se toutes les confessions. Et nous ne sommes que les prémices : C’est toute l’humanité qui est appelée à devenir Corps du Christ.

Je prolonge la comparaison de St Paul : Dans un corps, les cellules sont vivantes, elles se renouvellent. Notre Eglise est formée de cellules qui sont les paroisses, les familles, les mouvements. A travers elles circule le Sang du Christ. Il y a aussi l’eau de l’Esprit-Saint qui permet la croissance de ces cellules. Les cellules se renouvellent comme les familles accueillent des naissances, comme l’Eglise accueille de nouveaux baptisés. Soyons attentifs au renouvellement de nos cellules par l’accueil des plus jeunes, en les aidant à bien prendre leur place dans l’Eglise. Veillons au renouvellement de tous nos services pour être plus à même de répondre aux défis d’aujourd’hui, pour toujours mieux communiquer notre compassion pour le monde de la part du Christ.

« Aujourd’hui s’accomplit ce passage de l’Ecriture que nous venons d’entendre » conclut Jésus. Soyons les acteurs d’aujourd’hui, de la compassion de Dieu vécue ensemble, en Corps, dans la puissance de l’Esprit.

P. Jean-Christophe Cabanis
Ne 8, 2-4a.5-6.8-10 ; Ps 18 (19), 8, 9, 10, 15 ; 1 Co 12, 12-30 ; Lc 1, 1-4 ; 4, 14-21
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