3ème Dimanche Pâques C

Cet évangile est très beau, il est plein de symboles. Nous voyons beaucoup Pierre. Dans les deux parties de l’évangile : La pêche miraculeuse et le dialogue particulier qu’il a avec Jésus. Je commencerai par cette deuxième partie. Pierre n’est pas mis en valeur que pour lui-même, mais pour ce qu’il représente. Il est le chef des apôtres et le chef de l’Eglise. Donc à travers lui, c’est toute l’Eglise qui se retrouve bien. Le dialogue avec Jésus sur l’amour, il est pour chacun d’entre nous : si nous lui répondons que nous l’aimons, alors Jésus va nous confier ses brebis, c’est-à-dire des personnes sur qui veiller. La raison d’être de l’Eglise, c’est l’amour, c’est vivre de l’amour de Dieu et le partager. Les trois questions de Jésus posées à Pierre sont plus une insistance sur l’amour qu’un retour sur ses trois reniements : Jésus a déjà pardonné et tourné la page.

Lorsque Pierre tire le filet plein de poissons sur le rivage, le filet ne se rompt pas. Là aussi le symbole est fort : C’est l’Eglise qui doit garder toute son unité. Et le nombre précis des poissons, 153, d’après les Pères de l’Eglise, c’est le nombre de nations connues de l’époque. C’est donc toute l’humanité qui est invitée à se rassembler dans ce grand filet de l’Eglise qui ne doit pas se rompre.

Il y a, et c’est normal, un avant et un après résurrection. Avant la résurrection, Jésus se trouvait dans la barque avec ses disciples, il traversait le lac avec eux et calmait les tempêtes. Il les aidait déjà à faire de bonnes pêches, mais là, c’est depuis le rivage qu’il donne des conseils. Si le lac et la barque, la vie des pêcheurs, représentent le monde, le rivage représente la vie éternelle où Jésus nous attend. Il nous guide durant la vie par ses bons conseils, mais nous attend pour un repas ou un festin comme l’avaient déjà annoncé Isaïe ou le livre de l’Apocalypse. Dans la barque et le monde, c’est le temps de la foi. Et Jean, le disciple bien-aimé, est le plus éclairé, et c’est lui qui reconnait Jésus le premier. Il y a bien un lien fort entre amour et foi : Le premier à croire, c’est celui qui aime le plus Jésus !

Le repas pris avec Jésus avec du poisson et du pain partagé rappelle l’eucharistie. L’eucharistie est aussi un repas entre deux temps. C’est une nourriture qui nous aide à vivre notre vie de tous les jours avec l’amour de Jésus, son corps et son sang, et c’est aussi un repas qui nous introduit déjà dans l’éternité. C’est déjà le repas des noces de l’Agneau, l’Agneau de Dieu qui a donné sa vie pour nous sauver. Le rivage, c’est la vie éternelle où nous attendent aussi pour ce grand repas ceux qui ont déjà effectué la traversée de la mort.

Cet évangile nous invite à vivre notre foi à plusieurs, en Eglise, comme les premiers apôtres. A écouter les conseils de Jésus dans la prière et à travers sa Parole pour rejoindre ceux et celles vers qui nous sommes envoyés en mission. Nous avons à revêtir le vêtement du baptême, celui de la pureté, comme Pierre, celui qui nous fait nous élancer vers le Christ. Nous avons à vivre l’eucharistie comme un temps de ressourcement, de communion véritable. A veiller à l’unité de tous les croyants et surtout à répondre positivement comme Pierre aux questions répétées de Jésus : « M’aimes-tu ? »

Si Jésus nous pose la question trois fois, comme à Pierre, c’est pour que nous ne répondions pas à la va-vite, que notre réponse soit un élan, un engagement de toute notre vie à aimer et à prendre soin des autres.

Dans la première lecture des Actes des Apôtres, nous voyons le début de l’Eglise. Les apôtres ont beaucoup de courage, ils bravent les difficultés, les persécutions car ils sont habités par la joie de croire et sentent que le peuple est en attente de leurs paroles de bonne nouvelle. A leur image, dans le souffle de l’Esprit et aussi dans la démarche engagée du synode, participons à une Eglise signe de l’amour de Dieu pour le monde. La souffrance sera peut-être là, mais la joie de croire et de partager notre foi l’emportera.

P. Jean-Christophe Cabanis

Merci à l'auteur de cette image
Ac 5, 27b-32.40b-41 ; Ps 29 (30), 3-4, 5-6ab, 6cd.12, 13 ; Ap 5, 11-14 ; Jn 21, 1-19
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