3ème Dimanche Pâques B

Nous pouvons remarquer, dans ces textes qui suivent la résurrection de Jésus, qu’il y a beaucoup de vocabulaire autour de l’amour. Il y a bien sûr le message de la paix aussi puisque ce sont les premières paroles que Jésus adresse à ses disciples : « La paix soit avec vous. » St Jean est très affectueux envers ses lecteurs, il leur écrit : « Mes petits enfants ». Il y a de l’affection et l’envie de transmettre le meilleur, comme à des enfants alors qu’il s’adresse à des adultes. Le meilleur c’est l’amour de Dieu qui permet la perfection. Le meilleur, c’est d’accueillir Jésus, le défenseur, celui qui pardonne. Pensons à tous les enfants, à qui l’amour de Dieu est destiné !

Pierre, dans le récit des Actes des Apôtres, a des paroles dures et directes adressées au peuple d’Israël. Il leur dit : « Vous avez livré Jésus, vous avez livré le saint et le juste, vous avez tué le Prince de la vie… » Mais pourtant, ces interlocuteurs à qui il parle avec dureté, il les appelle frères. Il ne veut pas de rupture avec eux, il considère qu’ils demeurent ses frères. Jésus est ressuscité et il veut réparer le mal qui a été fait dans l’ignorance. Le message principal de Pierre n’est pas un reproche, un règlement de comptes, mais il est de dire : « Convertissez-vous, tournez-vous vers Dieu ». C’est bien un message fraternel.

L’amour, il n’est pas exprimé explicitement dans l’évangile, il est implicite. Il y a beaucoup de retenue chez Jésus et chez les apôtres. Mais c’est bien l’amour, l’amitié, qui est au centre. Cette si forte amitié entre Jésus et ses apôtres, ils ont cru qu’elle était finie par la mort de Jésus et ils étaient désemparés. Pourtant, Jésus leur apparait et leur tristesse se transforme en joie. L’amitié n’est pas finie, elle a une valeur d’éternité. Mais cette amitié, cet amour, ne leur est pas réservé. Ce sont toutes les nations qui sont concernées, concernées par l’amour de Dieu et le pardon des péchés. Les apôtres sont appelés par Jésus à être ses témoins. Témoins de son amour, donc à avoir une attitude fraternelle avec tous, même avec ceux et celles qui leur seront hostiles. Jésus s’est fait reconnaître à la fraction du pain à Emmaüs. Là, il partage leur repas avec ses disciples. La convivialité, le partage du pain, l’eucharistie, ce sera sa façon d’être présent, même de façon invisible. Jésus parle de ce qui avait été annoncé de lui dans les Ecritures. Il nous invite à nous plonger toujours plus dans le partage et l’Ecriture pour mieux le connaître, pour mieux l’aimer et mieux l’annoncer.

Nous avons aussi entendu le psaume avec cette question et cette belle réponse : « Qui nous fera voir le bonheur ? Sur nous Seigneur, que s’illumine ton visage. » Le bonheur, tout le monde le recherche. Et parfois, certains se fourvoient en choisissant des bonheurs bon marché mais sans lendemain. Le bonheur de suivre Jésus ressuscité, il est durable. Et il doit être communicatif, rayonnant. Il doit se voir sur nos visages, par nos sourires, nos attitudes bienveillantes avec tous.

« Dans la paix, moi aussi je me couche et je dors, car tu me donnes d’habiter, Seigneur, seul dans la confiance » nous dit aussi le psaume. Cette paix, c’est celle que Jésus ressuscité donne à ses apôtres : « La paix soit avec vous ». Recevons cette paix au plus profond de nous-mêmes et soyons des artisans de paix, cela nous rendra heureux : « Heureux les artisans de paix, ils seront appelés fils de Dieu. »

P. Jean-Christophe Cabanis

Ac 3, 13-15.17-19 ; Ps (4, 2, 4.7, 9) ; 1 Jn 2, 1-5a ; Lc 24, 35-48

 

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