4ème Dimanche Avent C - 19 décembre 2021

Marie est empressée d’aller rencontrer sa cousine Elisabeth. Elle a une double joie : Celle de savoir qu’elle-même va donner naissance au Sauveur. Joie d’avoir été visitée par l’ange Gabriel pour apprendre une si bonne nouvelle. Joie de porter en elle le Fils du Très-Haut, même si cela la dépasse. Et elle est joyeuse pour sa cousine Elisabeth que l’on croyait stérile et qui attend elle aussi un enfant. Elisabeth est elle-même joyeuse d’attendre cet enfant tant désiré. Et Jean-Baptiste est déjà prophète dès le sein de sa mère car il reconnait Jésus porté par sa mère Marie qui s’approche. Et il tressaille d’allégresse. Jean-Baptiste, on le représente comme un prophète austère et sévère. Ce n’est pas faux mais c’est la joie intérieure qui dominera sa vie. La joie d’être « l’ami de l’époux » comme il se définit, la joie d’annoncer Celui qui vient derrière lui et qui est plus fort que lui. Il se passe des choses dans le sein d’Elisabeth et de Marie, les enfants sont déjà bien vivants et les mamans qui attendent des enfants le savent bien. Même les papas peuvent s’en rendre compte. Dans cet évangile, les mamans et les enfants à naître sont au centre. Cela ne veut pas dire que les papas sont absents. Zacharie et Joseph sont aussi importants dans cette histoire sainte. Mais Marie a une place de choix qu’Elisabeth reconnaît : « La mère de mon Seigneur vient jusqu’à moi ! »

C’est la joie qui précède la naissance de Jean-Baptiste et de Jésus, comme toute naissance, même si tout ne sera pas facile. Jésus va naître dans une crèche à Bethléem dans des conditions inconfortables, mais avec plein d’amour autour de lui, ce qui est essentiel. Bethléem, cela nous intéresse spécialement ce dimanche où les scouts vont distribuer la lumière de Bethléem, la lumière de la paix. Le prophète Michée parle de Bethléem dans la première lecture : « C’est de toi que sortira celui qui doit gouverner Israël… Il se dressera et sera leur berger… ils habiteront en sécurité… et lui-même sera la paix ! »

C’est bien la paix que Jésus est venu apporter. Jésus est le berger, pas seulement le berger d’Israël mais le berger de toute l’humanité. C’est amusant parce que les premiers invités à venir adorer Jésus à sa naissance, ce seront les bergers. Ils étaient dans les champs autour avec leurs moutons, donc les plus près de la crèche. Jésus est le berger qui prend la condition des plus précaires dès sa naissance, qui est proche de son troupeau, à commencer par ceux qui sont les plus pauvres.

La paix, elle vient d’un lieu de pauvreté. C’est intéressant parce que la paix, on croit qu’on peut l’apporter à partir de la richesse des armes, alors que c’est un Dieu désarmé qui naît à Bethléem. Les lieux de pauvreté, il n’en manque pas aujourd’hui dans le monde ou plus près de chez nous. On a toujours envie d’apporter la paix et c’est bien. Nous sommes des artisans de paix et nous agissons par le dialogue, la rencontre, la non-violence, le pardon. Par l’éducation, par l’amour, …

La paix, nous pouvons aussi la recevoir et Jésus à la crèche nous dit que c’est dans un lieu de pauvreté qu’elle a commencé de se diffuser. La paix peut se recevoir dans des Ephad auprès de personnes âgées, dans des quartiers difficiles, chez des personnes migrantes… Jésus nous attend chez les plus petits et les plus faibles pour nous donner sa paix. Ce qui compte c’est la rencontre et le partage. Le prophète Isaïe dit dans un autre passage que du partage surgit la lumière. La lumière de Bethléem, elle ne vient pas de celui qui la donne ou celui qui la reçoit, elle vient des deux, et Jésus est au milieu. Transmettre la lumière de la paix, c’est permettre à Jésus de naître dans les cœurs et d’éclairer le plus grand nombre et de les rendre heureux. Du même bonheur que Marie qui porte en elle le Fils de Dieu !

P. Jean-Christophe Cabanis

Mi 5, 1-4a ; Ps 79 (80), 2a.c.3bc, 15-16a, 18-19 ; He 10, 5-10 ; Lc 1, 39-45

 

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