4ème Dimanche ordinaire C

Cet évangile fait suite à celui de la semaine dernière, à la synagogue de Nazareth. Pourtant, le ton n’est plus le même : c’était l’émerveillement qui dominait dimanche dernier lorsque Jésus se reconnaissait dans le passage du livre d’Isaïe qui disait : « L’Esprit du Seigneur est sur moi parce qu’il m’a consacré par l’onction… pour porter la bonne nouvelle aux pauvres ». Sa parole était bien accueillie alors qu’aujourd’hui elle conduit à un rejet. Jésus leur reproche de ne pas accueillir les prophètes, alors que les étrangers sont ceux qui les reconnaissent le mieux. Il leur reproche finalement d’accueillir sa parole en surface et non pas en profondeur. Leur cœur n’est pas transformé, ils veulent seulement assister à des miracles, comme des spectateurs, alors que la Parole de Dieu nous rend acteurs. La fureur des habitants de Nazareth préfigure le rejet qu’il va vivre par les siens qui ne l’ont pas reconnu. Rejet jusque dans sa Passion. Ce jour-là, il n’est pas précipité du haut de la falaise mais la Passion de Jésus est annoncée dès le début de l’évangile.

Jérémie aussi préfigure Jésus. Appelé très jeune à devenir prophète, il connaitra beaucoup de souffrances parce que sa parole adressée à son peuple ne sera pas toujours écoutée. Lui aussi vivra la persécution, mais il sera habité par la promesse de Dieu qui sera toujours avec lui pour le délivrer, il se saura toujours aimé de Dieu.

C’est St Paul qui parle le mieux de l’amour dans ce passage de l’épître aux Corinthiens qui est souvent choisi pour des mariages et aussi pour des obsèques. St Paul place l’amour au-dessus de tout. Au-dessus de la prophétie et même au-dessus de la foi : « S’il me manque l’amour, je ne suis rien ». L’amour est le point d’orgue. C’est lui qui est indispensable à tous les dons que nous pouvons avoir, comme l’intelligence et même la générosité. St Paul décrit l’amour comme quelque chose qui n’est pas facile, qui nécessite de la patience, de l’humilité, de la maîtrise de soi, du détachement. Et qui construit quelque chose de très solide : « L’amour ne passera jamais ». Les couples et les familles le savent : l’amour est un travail au quotidien mais il est avant tout un don, un don de Dieu qui n’est jamais repris : « L’amour ne passera jamais ».

St Paul nous projette aussi vers un horizon qui nous attend. Tous nos efforts et qualités sont tournés vers cet horizon que Jésus appelle le Royaume des Cieux, l’horizon du Royaume de l’amour. C’est bien l’amour, la charité, qui nous conduisent vers le Royaume dont nous sommes aussi acteurs. La foi est nécessaire, mais habitée par l’amour.

Le mot « prophète » traverse tous les textes d’aujourd’hui. Jérémie est envoyé pour être le prophète des nations et il sera persécuté par les siens. Jésus cite les prophètes Elie et Elisée dont le meilleur accueil était de la part des étrangers. Et St Paul met en avant le don de prophétie qui doit être accompagné par l’amour. Cela nous éclaire sur notre rôle de prophète, qui fait partie de notre identité chrétienne. Le prophète est celui qui annonce et qui dénonce. Il annonce le Royaume et toutes les promesses qui nous sont faites, il dénonce ce qui entrave la venue du Royaume. Aujourd’hui, dans un monde où les crises sont multiples, il y a des comportements à dénoncer mais il y a surtout l’amour de Dieu à annoncer et à témoigner. Soyons des témoins par nos gestes, nos paroles, nos attentions, que l’amour de Dieu ne passera jamais.

P. Jean-Christophe Cabanis
Jr 1, 4-5.17-19 ; Ps 70 (71), 1-2, 3, 5-6ab,  15ab.17 ; 1 Co 12, 31 – 13, 13 ; Lc 4, 21-30 
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article