4ème Dimanche de Pâques B

Cette image du berger et des brebis est très biblique. On la retrouve dans beaucoup de psaumes (« Le Seigneur est mon berger, je ne manque de rien… ») ou d’écrits de prophètes comme Ezéchiel : Le Seigneur se présente comme le berger des brebis qui les rassemble, qui les ramène de tous les pays où elles étaient dispersées, qui prend soin des brebis et des agneaux les plus faibles, les plus blessés.

Quand dans l’évangile Jésus dit : « Je suis le bon pasteur, le vrai berger », il dit « Je suis » et c’est la marque de sa condition divine. Il est l’envoyé de son Père. « Je connais mes brebis et mes brebis me connaissent, comme la Père me connait et que je connais le Père ». Il hisse les brebis, c’est-à-dire nous, à son niveau et lui-même est au niveau de son Père. Il fait donc entrer ses brebis, nous-mêmes, dans le mystère de la Trinité.

Connaître Jésus, c’est se savoir aimé de lui, c’est naître avec lui, avec son Esprit. L’amour de Jésus pasteur n’est pas statique, il est actif. Jésus donne sa vie pour ses brebis. C’est la différence entre le vrai berger et le mercenaire. Le mercenaire fuit quand il voit venir le danger, alors que le vrai berger donne sa vie pour son troupeau.

Jésus parle d’autres brebis qu’il doit aussi conduire, pour ne faire qu’un seul troupeau. Jésus est venu pour tous les hommes, et ce qu’il veut, c’est rassembler toute la famille humaine. Si nous nous sentons les brebis du Seigneur, heureux de se savoir aimés, rassemblés, guidés vers les meilleurs pâturages, soignés lorsque nous sommes blessés, nous devons avoir le souci de ceux et celles qui ne partagent pas notre foi ou nos convictions et qui sont aussi des enfants de Dieu. Nous devons avoir le souci de rassembler, de prendre soin de ceux et celles qui sont blessés, et en ce moment, il y a beaucoup de personnes blessées dans leur corps ou dans leur cœur. Notre devoir missionnaire est aussi de faire connaître la voix du Seigneur à ceux qui la cherchent, à ceux qui sont nos semblables même si leur chemin n’est pas le notre. Ils ont le même désir de goûter aux pâturages de paix, de fraternité, de justice.

Ce Dimanche est celui des vocations dans l’Eglise, vocation de pasteurs pour les prêtres, vocations diverses pour chacun et chacune parce que le Seigneur nous appelle tous par notre nom. Le troupeau n’est pas indéterminé, il est composé des richesses de chacun et de chacune. Demandons-nous chacun à quoi le Seigneur m’appelle, vers qui nous sommes envoyés.

Je reviens à Jésus qui donne sa vie pour ses brebis. Il a pris notre condition en se faisant homme. Il a pris aussi la condition du troupeau en se faisant agneau. Il y a un refrain qui dit : « Il est l’agneau et le pasteur, il est le roi, le serviteur ». L’agneau est caractérisé par sa douceur, et l’Agneau de Dieu enlève le péché du monde en donnant sa vie. Nous-mêmes, quelle que soit notre vocation pour participer au soin du troupeau, nous avons à avoir la douceur de l’agneau, une douceur plus forte que le mal. L’agneau a besoin de sa mère et du troupeau. Quel est notre besoin du troupeau de l’Eglise, comment participons-nous à la faire grandir, à la faire rejoindre les attentes du monde ?

P. Jean-Christophe Cabanis

Ac 4, 8-12 ; Ps 117 (118), 1.8-9, 21-23, 26.28-29 ; 1 Jn 3, 1-2 ; Jn 10, 11-18

 

Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article