4e dimanche de l'Avent, année B

Nous voici parvenus à quelques heures de Noël. A l’approche de cette grande fête, nous découvrons un Dieu qui rejoint notre humanité : Noël, Dieu vient chez nous.

Les textes de ce dimanche nous rappellent qu’Il ne dirige pas les choses selon nos prévisions. Il dépasse nos vues et surtout il nous invite à lui faire confiance, quand les événements nous déconcertent, garder toujours l’espérance.

Lectures de la messe de ce dimanche
1ère lecture : La royauté de David subsistera toujours devant le Seigneur (2 S 7, 1-5.8b-12.14a.16) : Le roi David habitait enfin dans sa maison. Le Seigneur lui avait accordé la tranquillité
Psaume : 88 (89), 2-3, 4-5, 27.29
2ème lecture : Le mystère gardé depuis toujours dans le silence est maintenant manifesté (Rm 16, 25-27)
Evangile : « Voici que tu vas concevoir et enfanter un fils » (Lc 1, 26-38) En ce temps-là, l’ange Gabriel fut envoyé par Dieu

                      C’est ce message que nous trouvons dans la première lecture. Elle nous ramène au Roi David qui vient de vaincre ses ennemis avec l’aide du Seigneur. Il s’est fait construire un magnifique palais, une maison de cèdre. Pour l’époque c’était un bâtiment particulièrement luxueux. C’est alors qu’il prend conscience qu’il n’a pas pensé à construire une maison pour l’Arche de Dieu et il en fait part au prophète Nathan : « J’habite une maison de cèdre, et l’arche de Dieu habite sous une tente ». Le roi souhaite un temple grandiose.

                      Mais Dieu fait comprendre à David et à chacun d’entre nous que nous ne pouvons pas l’enfermer dans nos plans. Il échappe totalement à nos prises, à nos manières de voir. L’achèvement de l’œuvre royale ne peut venir que de Dieu. C’est donc lui, le Seigneur qui construira à David une maison garantissant l’avenir. Les chrétiens verront en Jésus la personne en qui Dieu se rend présent au monde, il devient le Temple de Dieu. Celui de David n’était qu’une lointaine annonce, en Jésus il trouve sa pleine réalisation.

                     Et l’Evangile de l’annonciation est une réponse plus précise à la première lecture. Nous découvrons un Dieu qui ne veut pas habiter une maison grandiose. Son grand désir est de venir habiter le cœur de l’homme. Il veut que nous devenions familiers de sa présence et que nous cheminions avec lui, vers son Royaume d’éternité. Il nous invite à être en communion avec lui et avec tous nos frères. Tout cela a commencé très humblement à Nazareth, un petit village dont personne n’avait jamais entendu parler.

                      Une jeune fille qui a répondu « oui » à l’appel de Dieu. Elle a accepté d’être la servante du Seigneur, elle a servi l’humanité en lui donnant Celui qui est venu dans le monde pour le salut de tous les hommes : « Désormais tous les âges me diront bienheureuse ». Ce même Christ veut habiter en nous, c’est là tout le message de Noël.

                    Vivre Noël ce n’est pas d’abord faire le réveillon, c’est accueillir discrètement celui qui frappe à notre porte. Voilà le vrai cadeau de noël, Jésus-Christ qui vient demeurer en nous : accueillir Dieu et le donner au monde, cette joie que nous y trouvons personne ne pourra nous l’enlever. Le Seigneur compte sur nous pour lui préparer une place dans le cœur des hommes. Avec lui, c’est une grande aventure qui commence. L’humilité de Jésus, en ce temps de Noël ne correspond en rien à tous les titres que nous pouvons lui donner : Dieu Puissant, Créateur, Miséricordieux, Seigneur… Tous ces titres parlaient, mais ils sont un peu usés. Ne pourrait-on pas lui offrir une appellation neuve, fragile, provisoire qui correspondrait à notre temps : dans ce monde où l’on tue des enfants, où l’on perfectionne les moyens de tuer, ou des peuples entiers sont méprisés, humiliés, écrasés, « ce n’est pas possible qu’il y ait un Dieu et que l’on voie toujours des guerres et des malheurs ».

                     Pourquoi ne lui donnerait-on pas le nom « Impossible ». Oui Dieu est impossible, aussi impossible qu’un monde de justice, de paix, d’amour. Mais l’aspiration à un monde transfiguré ne cesse pas de travailler les personnes et les sociétés. Dieu est l’Impossible, c’est là notre espérance.

                  Avec Marie, l’impossible devient réalité, avec Jésus l’impossible des ténèbres  devient clarté, cette petite lumière qui nous vient de Bethléem.

                     Finalement ce nom « Impossible » lui va bien… Demain, il faudra lui trouver un autre nom selon  les événements de notre monde et les couleurs du temps.

Père Charles de Llobet

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