5ème Dimanche Pâques C

St Jean aime beaucoup les répétitions. On pourrait croire que c’est une maladresse de style, mais en fait c’est pour mieux insister. Dans l’évangile d’aujourd’hui, il insiste d’abord sur la gloire et le verbe glorifier, puis sur l’amour et le verbe aimer.

Qu’est-ce que la gloire ? Si elle est tournée vers soi-même de façon triomphaliste, elle peut être critiquée. Il y a la gloire de ceux ou celles qui cherchent à être admirés, la gloire visible, mais la gloire dont parle Jésus, elle est plus invisible. Jésus dans l’évangile est glorifié lorsqu’il va mourir et ressusciter. Le sommet de sa gloire, c’est quand il donne sa vie. C’est une gloire tournée vers son Père, comme toute sa vie : il a voulu rendre gloire à son Père. Et le Père glorifie son Fils en le ressuscitant. Ce n’est pas sa propre gloire qu’on doit chercher, mais glorifier les autres, glorifier Dieu.

L’amour, le verbe aimer, c’est l’autre mot qui revient. Nous savons que notre foi insiste sur l’amour. Les deux commandements dans la Bible sont : aimer Dieu de tout son cœur et aimer son prochain comme soi-même. Nous croyons en un Dieu d’amour, c’est une chance. Cela dit, aimer n’est pas toujours facile. Alors aujourd’hui Jésus nous aide en nous disant d’aimer comme lui nous a aimés. C’est ce « comme » qui est important. Pour aimer comme Jésus, il faut bien le connaître, lire et méditer sa vie dans l’évangile, prier. Aimer comme Jésus, c’est faire du bien comme lui, écouter ceux que l’on rencontre, dire des paroles bienveillantes, vivre le partage, être acteur de paix, de réconciliation… Aimer comme Jésus c’est être au service les uns les autres comme Jésus nous l’a montré en lavant les pieds de ses apôtres. Aimer comme Jésus, c’est se savoir aimé, comme il se sait aimé du Père.

Dans la première lecture, Paul et Barnabé sont les acteurs principaux.  Eux se savent aimés par Jésus ressuscité et ils veulent donner leur vie pour lui. Ils veulent l’annoncer et pour cela ils vont aller loin. Là, ils reviennent d’un voyage missionnaire en Asie Mineure et ils reviennent pour rendre compte à la première communauté chrétienne d’Antioche. Ce qui les bouleverse, c’est la conversion des nations païennes. Ils se rendent compte que l’amour de Dieu n’a pas de frontières. Il n’est pas réservé à un peuple mais il est destiné à tous les peuples de la terre. Qui doivent former la grande famille humaine.

St Charles de Foucault l’avait bien compris aussi. Lui qui était enflammé de l’amour de Jésus, il a voulu partager cet amour de Dieu avec le peuple Touareg au fin fond du désert d’Algérie. Il n’a pas cherché sa propre gloire dans cette existence retirée et très pauvre, mais il a voulu rendre gloire à Dieu en se faisant le petit frère universel.

Il illustre aussi le passage de l’Apocalypse où il est dit que Dieu établit sa demeure parmi nous. Et qu’il fait toutes choses nouvelles. Notre monde est plein d’incertitudes et génère des angoisses. Ce passage nous apaise puisque Jésus promet sa présence avec nous et nous promet son Esprit qui nous renouvelle. En ce temps de Pâques, laissons-nous renouveler par l’Esprit d’amour de Jésus qui nous envoie pour être ses témoins, témoins d’espérance. Que notre vie de foi nous permette de rendre gloire à Dieu pour tout l’amour qu’il nous donne à l’image de St Charles de Foucault qui a fait sa demeure parmi les plus pauvres, au nom de Jésus.

P. Jean-Christophe Cabanis

Ac 14, 21b-27 ; Ps 144 (145), 8-9, 10-11, 12-13ab ; Ap 21, 1-5a ; Jn 13, 31-33a.34-35

Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article