5e dimanche du Carême

A quelques jours, à quelques heures de sa passion, Jésus se compare au grain de blé qui meurt pour donner du fruit, qui donne sa vie pour que d’autres puissent vivre. Ce cycle de mort et de vie, de disparition et de résurrection, nous le voyons se réaliser sous nos yeux, dans les phénomènes naturels, mais aussi dans le déroulement de nos vies. Nous, nous subissons ce passage par la mort ;  Jésus, lui, en fait un choix, il donne sa vie librement et cet acte devient source et moteur et ciment de l’Alliance définitive entre Dieu et les hommes.

Est-il artificiel de rapprocher tout ceci de l’action que propose le CCFD ? Lorsque je donne une part de mon argent, c’est une part des efforts que j’ai déployés pour gagner ma vie que je donne ; c’est donc un peu de ma vie que je donne. Et cette vie va porter du fruit ailleurs, à travers des gens que je ne connais pas, mais dont je me suis fait proche, dont je me suis fait le prochain. Le CCFD nous invite à vivre une fraternité à l’échelle mondiale.

N’est-ce pas encore ressembler au grain de blé qui accepte de mourir,  que de changer nos comportements de consommateurs en mesurant les conséquences qu’elles peuvent avoir, aujourd’hui sur l’injuste répartition des richesses, mais aussi demain, si nous pensons à l’état de la planète que nous transmettrons à nos enfants. Au-delà d’une évidente solidarité humanitaire, pour nous, chrétiens, accepter d’entrer dans ces perspectives et ce partage, c’est vivre en Alliance avec les plus humbles de nos frères, et donc avec Dieu, et c’est même, vivre en Alliance avec toute la création. Cette conviction, cet aspect de notre foi devrait nous pousser à devenir les champions de la lutte contre la faim et les champions du développement des peuples… au nom de l’Alliance. C’est une belle aventure humaine qui n’est pas irréalisable, mais qui est à notre portée, si nous le voulons bien.

Celui donc, qui accepte de passer par le désert, ou de pourrir pour pouvoir porter du fruit, celui-là ne reste pas seul, affirme Jésus.

Cette Parole - confirmée par ce qu’il a vécu – nous permet de donner du sens à ce qui apparaît à première vue comme négatif : nos échecs, nos souffrances, bien sûr, mais aussi, le partage avec les pauvres, notre jeûne et nos privations de Carême.

Accepter de mourir un peu, de se déposséder un peu de notre confort ou de nos sécurités pour que d’autres puissent vivre ; c’est la route que Jésus nous a tracée, route glorieuse qui passe par la croix. La gloire et la croix, Jésus réunit ces 2 mots apparemment opposés. Etre glorifié, c’est accepter de diminuer ou de disparaître pour que d’autres grandissent. Voilà la gloire véritable, nous dit Jésus.

Sur ces routes escarpées qui sont des chemins de libération, on ne risque ni les encombrements, ni les turbulences. En traçant, avec d’autres, ces voies originales, notre Eglise peut progresser sans trop craindre, là, les contestations. Ce sont des chemins rudes, des routes de libération pour nos frères humains ; n’hésitons pas à les emprunter.

Jacques Casanave

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