6ème Dimanche C 

Nous commencerons, une fois n’est pas coutume, par commenter le psaume. C’est le psaume n°1 que nous avons entendu et qui commence par le mot « heureux ». C’est bien le bonheur que Dieu veut pour nous, et ce bonheur est lié à la proximité avec le Seigneur. Heureux « qui se plait dans la loi du Seigneur »… « celui qui ne suit pas le chemin du pécheur ». Donc le bonheur et le malheur, ils sont de l’ordre de la relation à Dieu qui rend heureux, alors que s’en éloigner, et c’est cela le péché, cela rend malheureux.

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Et l’image est belle de « l’arbre planté près d’un ruisseau qui donne des fruits en son temps ». S’il donne du fruit, c’est pour que ce fruit soit mangé, soir offert. Le bonheur, il se partage, il se communique. Alors que le péché enferme sur soi, ne donne aucun fruit. Et Jérémie prend la même image de l’arbre irrigué par le ruisseau de la foi en Dieu pour donner un beau feuillage vert. Le psaume continue en disant que « le Seigneur connait le chemin des justes, mais le chemin des méchants se perdra ». Nous croyons en un Dieu qui est juste, qui aime autant tous ses enfants. Or il y a beaucoup d’injustice sur terre, et les prophètes l’ont toujours dénoncée.

Jésus, lorsqu’il descend de la montagne et qu’il voit la foule dans la plaine, il peut mesurer toutes les injustices qui existent entre les hommes. Il y a la foule de ceux qui sont démunis, beaucoup sont malades et ont besoin d’être soignés, et puis il y a ceux qui sont repus. La richesse en soi n’est pas un péché, mais Jésus relève surtout l’injustice. Il y a les riches qui s’enrichissent aux dépens des plus pauvres, alors que les richesses devraient être partagées.

Cette situation d’inégalité, elle existe en tout temps et en tout lieu, malheureusement. Jésus dit que ce n’est pas une fatalité, que les jeux ne sont pas faits, que la justice de Dieu a le dernier mot. Et le dernier mot, c’est celui de l’amour. Les pauvres sont aimés de Dieu qui promet de les consoler, qui leur promet le Royaume de Dieu. Ils ont bien un horizon de bonheur alors qu’ils vivent une situation malheureuse. Les riches n’ont comme horizon qu’eux-mêmes, et s’ils ne laissent pas une place à l’amour et au partage, ils ne seront pas heureux.

Cet évangile abrupt nous interpelle : « Quel malheur pour vous les riches ! » Sommes-nous du côté des riches ? Certainement par rapport à tous les déshérités qui semblent être toujours plus nombreux d’une année sur l’autre, sur notre terre. A cause ses guerres, des migrations, du réchauffement climatique… Cette situation d’injustice ne rend personne heureux, mais si nous luttons contre l’injustice par nos divers engagements, si nous savons partager de façon fraternelle, alors nous goûtons au bonheur de rendre l’autre plus heureux. Si nous avons cette proximité avec le Seigneur qui nous guide, par sa Parole, sur le chemin du partage et de la fraternité, alors nous goûtons au bonheur de se savoir aimés, et de se savoir choisis pour annoncer le Royaume de Dieu et sa justice.

Nous sommes des prophètes de par notre baptême, comme Jérémie, et nous devons, comme lui, dénoncer les injustices et nous engager, au nom de notre foi, à participer à un monde moins injuste où chacun et chacune a droit au bonheur. Jésus prévient aussi que ceux qui croient en lui et prophétisent en son nom connaissent des persécutions, mais c’est la joie intérieure et profonde de se savoir aimés qui l’emporte. Continuons à nous laisser irriguer par le ruisseau de l’amour de Dieu et de sa Parole pour partager la richesse de nos fruits que sont la joie, la foi, le bonheur d’être aimés.

P. Jean-Christophe Cabanis
Jr 17, 5-8 ; Ps 1, 1-2, 3, 4.6 ; 1 Co 15, 12.16-20 ; Lc 6, 17.20-26
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