7ème Dimanche Pâques B

En cette fin de temps pascal, nous entendons une partie de la grande prière que Jésus adresse à son Père juste avant sa Passion, et à la fin de son grand discours, ou cette grande confidence, qu’il a faite à ses disciples le soir du Jeudi Saint.

Nous savons, par les évangiles, que Jésus était souvent en prière, le jour et souvent la nuit : Il avait besoin de retrouver son Père pour se ressourcer dans son amour. Mais on ne connaissait pas le contenu de sa prière. Alors que là, Jean nous en donne le contenu, et au centre de sa prière, il y a nous, les hommes, ceux que le Père lui a confiés, il veut absolument nous prendre avec lui. L’amour entre le Père et le Fils, c’est l’amour que Jésus a pour nous, il veut nous faire partager la vie divine, la vie éternelle, la vie dans l’Esprit d’amour.

Jésus insiste sur l’unité. Il prie son Père pour que ses disciples restent unis. Plus les chrétiens sont unis, plus leur témoignage sera fort. Or nous savons que les chrétiens sont séparés en plusieurs confessions (catholiques, protestants, orthodoxes,…), et même chez les catholiques il peut y avoir des divisions, et même dans nos communautés et parfois dans nos familles. Que la prière de Jésus soit aussi la nôtre, pour que nous parvenions à surmonter nos différences ou nos divisions, parce que sinon, notre témoignage sera affaibli, notre foi sera vaine.

Dans la prière de Jésus, l’enjeu c’est le monde. Le monde est en proie à la violence et à la haine : Jésus ne veut pas retirer ses amis du monde, mais il veut les envoyer dans le monde, pour que le monde soit sauvé. Etre chrétien, ce n’est pas se retirer du monde, c’est agir au nom de notre foi en faveur du monde. Même si cette action n’est pas toujours bien reçue. Jésus prie son Père pour notre mission de chrétiens dans le monde. La mission n’est pas facile, mais il nous en a montré le chemin, et il a donné sa parole, la Parole de Dieu. A partir de cette Parole, il s’agit d’aimer les hommes comme lui-même nous a aimés, c’est-à-dire en allant jusqu’au bout de l’amour, jusqu’au don de soi. Le monde est menacé par le mal, le Mauvais comme l’appelle Jésus. Jésus prie son Père pour que les hommes soient préservés du mal. C’est la prière qu’il nous a apprise dans le Notre Père : « Délivre-nous du mal ».

Dans sa lettre que nous avons entendue en deuxième lecture, St Jean insiste encore sur l’amour, le commandement que Jésus a donné à ses amis : de s’aimer les uns les autres à partir de l’Esprit d’amour. Jésus veut demeurer en nous. Il ne veut pas nous retirer du monde mais être présent au monde en demeurant en nous.

Que cette fête de Pâques qui a fortifié notre foi en Jésus ressuscité, bien vivant, qui nous apporte la paix, la fête de l’Ascension et bientôt celle de Pentecôte où Jésus nous donne son Esprit pour nous envoyer être ses témoins, que ces fêtes nous renforcent dans notre désir d’être présents au monde, nous pas pour le juger mais pour l’aimer, pour l’aider à sortir de la spirale de la peur ou de la maladie.

Et que notre Eglise, à l’image de la première Eglise autour de Pierre et des douze apôtres qu’a rejoints Matthias, que notre Eglise soit un signe d’unité, de fraternité, de compassion, d’universalité, de foi en un Dieu sauveur du monde.

P. Jean-Christophe Cabanis

Ac 1, 15-17.20a.20c-26 ; Ps (102 (103), 1-2, 11-12, 19-20ab) ; 1 Jn 4, 11-16 ; Jn 17, 11b-19

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