Dimanche de l’Assomption, année B

L’Assomption, c’est la montée de Marie au ciel, comme Jésus est monté au ciel le jour de l’Ascension. Or il n’y a pas d’évangile qui nous le raconte. Ce que nous croyons, c’est que Marie est sans péché, qu’elle a été tellement proche de Jésus comme mère et comme disciple, qu’il l’a prise aussitôt avec lui au ciel, dès que sa mort est survenue. Marie a donné naissance à Jésus mais aussi à l’Eglise, en étant au pied de la croix avec le disciple bien-aimé de Jésus à qui il a dit, en désignant Marie : « Voici ta mère ». Marie était là aussi à la Pentecôte. On dirait qu’avec l’Assomption, elle est aspirée dans le sillage de l’Ascension de Jésus. Elle s’élève mais elle nous aide nous aussi à nous élever.

L’évangile de la Visitation de Marie à Elisabeth lu aujourd’hui ne se passe pas à la fin mais au début de l’évangile, il nous donne déjà la condition pour ce mouvement ascendant vers le ciel. Il y a la joie, joie d’avoir été choisies, pour Marie et Elisabeth, comme mère du Sauveur et mère du Précurseur. Joie communiquée par Jean-Baptiste qui trésaille dans le ventre de sa mère. Joie qui n’est pas que personnelle car c’est pour tout le peuple de Dieu qu’elles se réjouissent. Pour tout le peuple et en particulier pour les plus humbles qui sont relevés, pour toutes les générations. Joie que la justice l’emporte, que la miséricorde ait le dernier mot.

Si Marie monte au ciel à la suite de Jésus, c’est qu’elle est sans péché. C’est le péché qui alourdit, qui tire vers le bas comme la pesanteur. La fête de l’Assomption nous rappelle que le péché est vaincu par Jésus, même si cela lui a causé beaucoup de souffrances ainsi qu’à Marie. Et la première lecture de l’Apocalypse présente cette lutte contre le mal comme un combat cosmique. Le dragon a voulu ôter la vie de l’enfant né de la femme couronnée d’étoiles, dont les astres font la parure. Nous reconnaissons Marie, toute auréolée de grâce, qui donne naissance à Jésus dans la souffrance à Bethléem, et que Hérode, tel un dragon, aurait voulu faire mourir. Mais Jésus est sauvé à sa naissance comme il sera sauvé à sa mort par la résurrection, lui qui est le Sauveur.

Le mal est bel et bien vaincu, et cela nous rassure car nous vivons dans un monde où nous avons l’impression que le mal progresse. Que ce soit le mal physique avec les maladies ou pandémies, le réchauffement climatique et toutes ses conséquences néfastes. Mais aussi le mal moral avec l’individualisme, les incivilités, l’appât du gain, les guerres,…

Le mal n’a pas le dernier mot si nous sommes dans les mêmes dispositions que Marie, l’humble servante. Si nous sommes joyeux d’avoir été choisis, appelés à servir le Seigneur à partir de notre baptême. Si nous sommes disposés à lutter contre les inégalités, à reconnaître la même dignité à tous les hommes, à commencer par les plus humbles. Si nous gardons notre pureté, résistant à toutes les facilités d’aujourd’hui et les tentations. Si nous sentons que nous appartenons à un peuple, l’Eglise, le peuple des chrétiens, mais aussi à la grande famille humaine que Jésus est venu rassembler et sauver. Comme Marie, nous portons Jésus en nous, nous le portons au monde pour enfanter un monde nouveau appelé le Royaume des Cieux. Que la fête de l’Assomption nous permette, par notre foi et nos différents engagements dans le sens de l’amour, de nous élever et d’élever notre monde vers plus de fraternité, de justice, de joie de se savoir aimés de Dieu et sauvés.

P. Jean-Christophe Cabanis

Ap 11, 19a ; 12, 1-6a.10ab ; Ps 44, (45), 11-12a, 12b-13, 14-15a, 15b-16 ; 1 Co 15, 20-27a ; Lc 1, 39-56

 

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