3ème Dimanche Avent C

Nous sommes heureux de retrouver Jean-Baptiste chaque année au moment de l’Avent. Dimanche dernier il nous disait déjà avec Isaïe qu’il faut préparer le chemin du Seigneur, aplanir ses sentiers, nous convertir. Et aujourd’hui il est interrogé par les foules qui lui demandent « que devons-nous faire ? » Il est intéressant de voir qu’au début il est question de foules et ensuite c’est le peuple : « Le peuple était en attente ». Les foules, c’est une somme d’individus, alors que le peuple, c’est un collectif. Chacun demande à Jean-Baptiste ce qu’il doit faire pour changer, et nous nous demandons tous « que devons-nous faire ? » Mais c’est aussi ensemble, cette démarche collective de l’Avent est aussi celle du synode, marcher ensemble. Cela donne encore plus de force parce que nous sommes le peuple de Dieu.

Aux questions des uns et des autres « que devons-nous faire ? », Jean-Baptiste répond d’abord en disant de partager. Partager sa nourriture, ses vêtements. Ensuite de ne pas commettre d’injustice, de n’exiger que ce qui nous est dû, et enfin de ne pas user de violence. Le partage, c’est peut-être ce qui nous est le plus accessible. On a toujours quelque chose à partager, et ce que nous dit Isaïe dans un autre passage, c’est que du partage surgit la lumière. Le fait de partager est lumineux pour celui qui donne autant que pour celui qui reçoit, parce que la lumière c’est le Christ, qui est à la fois le pauvre qui nait à la crèche et le roi du Royaume des Cieux, qui donne et qui pardonne.

Nous avons donc encore deux semaines pour nous demander « que devons-nous faire ? », quels gestes de partage effectuer pour recevoir la lumière qui vient illuminer notre cœur et notre monde.

Jean-Baptiste ne donne pas que des conseils de l’ordre du « faire ». Il est là pour désigner Celui qui vient après lui, qui est plus fort que lui. Jean-Baptiste baptise avec de l’eau mais Celui qui vient après lui baptisera dans l’Esprit-Saint et le feu.

C’est ce baptême qui est le notre. Nous sommes baptisés dans l’Esprit-Saint, l’Esprit de Jésus, c’est-à-dire que Jésus peut agir à travers nous, avec son Esprit. C’est son Esprit qi nous apprend à aimer. Le feu, c’est ce qui réchauffe et qui purifie. Nous sommes aimés par Dieu qui donne la vie et qui purifie de ce qui est de l’ordre du mal. Jésus est bien notre Sauveur parce que nous avons besoin d’être pardonnés, d’être reliés à la source de l’amour.

Et ce troisième dimanche de l’Avent, c’est celui de la joie. LA joie qui est exprimée par Sophonie dans la 1ère lecture. Joie d’un Dieu qui sauve, qui est présent à son peuple, qui est un Dieu d’amour.

Joie de St Paul qui écrit aux Philippiens. La communauté de Philippes est une de celles qui lui procure le plus de joie par leur solidarité, leur enthousiasme dans leur foi. St Paul les encourage à prier, à être bienveillants, à être toujours dans la joie. Pourtant, lorsqu’il écrit cette lettre, St Paul est en prison, en prison à cause de l’évangile. Malgré l’épreuve, il a au fond de lui cette joie de se savoir aimé de Dieu, de se savoir sauvé, et cette joie, il continue de la communiquer. Il rejoint aussi Jean-Baptiste qui est présenté de façon un peu rugueuse en cette période d’Avent, il est au désert et a une allure de prophète sévère. Pourtant, ce qui l’anime au plus profond de lui-même, c’est la joie. Il est joyeux d’être l’ami de l’époux, selon son expression dans l’évangile de St Jean. Lui aussi ira en prison à cause de sa foi engagée et prophétique, et malgré l’épreuve, il sera toujours habité par la joie d’être l’ami de l’époux.

Que notre joie soit profonde, animée par notre foi, qu’elle soit communicative. Nous traversons des épreuves, mais la joie d’un Dieu qui vient habiter parmi nous est la plus grande. Sachons partager notre joie.

P. Jean-Christophe Cabanis

So 3, 14-18a ; Is 12, 2-3, 4bcde, 5-6 ; Ph 4, 4-7 ; Lc 3, 10-18

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