Fête du Baptême du Seigneur  C

Nous retrouvons Jean-Baptiste qui nous a accompagnés durant l’Avent. Il nous a aidés à préparer les chemins du Seigneur. Son objectif, sa mission, est toujours de désigner Celui qui vient, qui est plus fort que lui. Jean-Baptiste est humble et il donne sa vie pour Celui qu’il désigne, quitte à se retrouver bientôt en prison…

St Luc est l’évangéliste qui nous accompagne cette année tous les dimanches. St Luc a plusieurs insistances. Par exemple, il parle de peuple, comme dans l’évangile d’aujourd’hui, là où les autres évangélistes parlent de foule. Or dans le peuple il y a plus d’unité que dans une foule. La foule est spectatrice, ici le peuple est actif, il est en attente.

St Luc aime montrer Jésus lorsqu’il prie. C’est assez souvent dans son évangile et spécialement dans l’évangile d’aujourd’hui. Jésus est toujours en relation avec son Père. C’est avec lui qu’il se ressource, dans son amour, et il nous apprend à prier aussi. Et c’est au moment où il prie que le ciel s’ouvre et que l’Esprit-Saint descend sur lui, sous forme d’une colombe. Et le Père, qu’il est rare d’entendre, s’adresse à Jésus : « Tu es mon Fils bien-aimé, en toi je trouve ma joie. »

C’est donc un bel évangile trinitaire que nous avons entendu pour cette belle fête du Baptême du Seigneur. Il y a le Père, le Fils, l’Esprit. Mais il y a aussi Jean-Baptiste, le peuple qui voit et qui entend, qui est invité lui aussi à prendre part à la vie trinitaire, à la vie en Dieu. C’est bien ce que dit Jean-Baptiste : « Lui vous baptisera dans l’Esprit-Saint et le feu ». Le baptême de Jésus, c’est le notre. Sur nous aussi, l’Esprit-Saint descend et nous habite. Il nous permet non seulement de suivre Jésus mais de parler et d’agir en son nom, de faire du bien, de dire des paroles d’amour. Le Père nous dit à chacun et à chacune que nous sommes ses fils et ses filles bien-aimés (es). Et qu’il trouve sa joie en chacun de nous. Nous sommes aimés par le Père et c’est Lui qui nous porte. Qui nous porte vers les autres. Nous aussi, le ciel de Dieu s’ouvre au-dessus de nous. Nous sommes dans un monde qui peut nous faire peur, où on peut se sentir enfermés par ce qui nous angoisse, nos limites. Notre foi nous ouvre à un monde illimité qui est la vie éternelle.

St Paul insiste aussi sur la grâce du baptême. Il en parle à deux niveaux : Au niveau personnel, recevoir l’Esprit-Saint nous permet de vivre de façon juste, raisonnable, pure, engagée. Mais aussi de façon collective. L’Esprit-Saint nous unifie, il fait de nous un peuple, « un peuple ardent à faire le bien ». Ces deux dimensions sont très complémentaires. Notre démarche de foi est personnelle, elle nécessite une conversion, mais si nous sommes seuls, notre témoignage sera un peu court, notre capacité à faire du bien très limitée. Alors que si nous sommes ensemble, en peuple, en Eglise, renforcés par notre amour fraternel, nous serons plus en mesure d’être ardents à faire du bien. Nous serons plus en mesure de consoler, comme nous y invite le prophète Isaïe. Nous croyons en un Dieu qui nous console parce qu’il connait nos peines. Nous pouvons lui confier nos tristesses, et nous-mêmes, nous pouvons consoler autour de nous, au nom de l’Esprit-Saint qui nous habite, l’Esprit consolateur, au nom de notre baptême.

Et Isaïe poursuit en demandant de monter sur une haute montagne pour proclamer la Bonne Nouvelle et crier : « Voici votre Dieu ». En ces temps troublés, nous sommes invités à partager notre espérance en un Dieu qui vient nous rejoindre, partager notre condition, nous apprendre à aimer. Qui vient nous rassembler comme un berger rassemble son troupeau. Qui vient renouveler la face de la terre, comme dit le psaume. Notre monde ne va pas bien, la pandémie qui n’en finit pas en est un signe. Sachons monter sur la montagne, comme nous y invite Jésus, c’est aussi la montagne de la prière et de son enseignement, pour prendre de la hauteur, pour tirer vers le haut notre monde qui ne demande qu’à aimer et à être aimé. Que notre baptême fasse de nous, spécialement cette année, des messagers et des témoins de cet amour dont nous sommes comblés, nous qui sommes les enfants bien-aimés de Dieu de par notre baptême, nous à qui le Père dit : « En toi je trouve ma joie ».

P. Jean-Christophe Cabanis

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