Objectif Compostelle (12). Aimer….

Aimer…. Aimer Dieu, aimer son prochain, s’aimer soi-même, aimer la vie.
Si on aime tout cela, alors forcément on ne peut qu’aimer pérégriner sur « el Camino de Santiago », le Chemin de Compostelle. Mieux encore : si une ou plusieurs de ces composantes nous fait défaut (ne sommes-nous pas tous à des degrés divers dans ce cas ?), « el Camino » est une voie idéale pour nous aider à progresser dans ces domaines.
Me voilà arrivé au seuil de la cathédrale de Santiago de Compostela après avoir parcouru à pied 1.170 km en un peu moins de deux mois. Croyez-moi, ce n’est pas du tout un exploit sportif. Il suffit d’avoir du temps, de marcher à son rythme, d’être persévérant… et de se laisser porter par la foi. Le pèlerin a coutume de dire : « Ce n’est pas moi qui fais le chemin, c’est le chemin qui me fait ». Il y a du vrai là-dedans.
 
Quand sur « el Camino » deux pèlerins se rencontrent ils se souhaitent chaleureusement et avec un grand sourire : « Buen camino ! », ou, plus traditionnellement : « E ultreïa ! » auquel cas l’autre répond : « E susseïa ! ». Il s’agit d’expressions de joie (mélange de latin et langue « vulgaire ») dont le sens peut être traduit par : « Aide-nous, Dieu, à aller toujours plus loin (ultreïa) et toujours plus haut (susseïa)». On retrouve là les deux dimensions du Chemin : la dimension horizontale de l'être qui avance (les km !), et la dimension verticale qui permet de s'élever, de progresser, bref … de mieux aimer Dieu, son prochain et soi-même.
Lors d’une des bénédictions des pèlerins à laquelle j’ai eu le bonheur de participer, ce jour-là le prêtre a mis autour du cou de chaque pèlerin une petite croix qui, à mon humble avis, représente à merveille la beauté exceptionnelle de notre foi chrétienne : une croix où le corps du Christ a laissé place (il n’y est plus puisqu’il est ressuscité !) à un gros cœur. La puissance de ce cœur est telle qu’il a même percé en son centre cette croix de souffrance. Ce cœur, qui symbolise si bien le mot « aimer », laisse passer la lumière de Dieu pour nous montrer à quel point Dieu nous aime et aussi pour nous signifier que nous devons l’aimer en retour, aimer notre prochain et nous aimer nous-même.
 
Arrivé à la fin de ce pèlerinage deux sentiments contraires m’envahissent : la grande joie d’avoir fini cette belle « aventure » et, simultanément,  la tristesse … d’être arrivé à la fin de cette belle « aventure ». Mais, après tout, peut-être n’est-ce que le début de quelque chose ? Le début de « susseïa » ? Qui sait… je l’espère en tous cas.

Bruno P.

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C
Je ne sais si tu te souviens de moi ! Nous nous sommes rencontrés à l'accueil de la paroisse.
J'ai été très touchée par ton témoignage tout au long de ce magnifique parcours.
Merci Bruno pour ce partage.
A bientôt.
Kati
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B
Merci Catherine pour ce commentaire. Si cette série d'articles t'a touchée je m'en réjouis. J'ai essayé de partager mon ressenti et les quelques réflexions qui me venaient à l'esprit lors de mes longues et belles journées de marche.
Bruno