Fête du Corps et du Sang du Seigneur  B

Jésus tenait à vivre sa dernière Pâque avec ses apôtres. Il savait que ce serait son dernier repas, qu’après il serait arrêté. Jésus va vivre sa propre Pâque, son Passage de cette vie qu’il a partagée avec nous en se faisant homme, à la mort et à la résurrection. Pâque veut dire passage. A l’époque de Moïse, le peuple Hébreux opprimé avait traversé la mer à pied sec, ils avaient gagné leur liberté grâce à la main du Seigneur qui les avait fait sortir d’Egypte. Ils avaient mangé du pain sans levain parce que la pâte n’avait pas eu le temps de lever. La Pâque juive est le souvenir de cette libération au cours d’un repas. La Pâque chrétienne va se superposer à cette fête juive. C’est aussi une libération, celle du péché et celle du mal, et c’est aussi un repas qui en est le symbole. Ce repas, c’est notre eucharistie, où nous nous souvenons des paroles et des gestes de Jésus qui a pris le pain et le vin en disant : « Ceci est mon corps, prenez et mangez… Ceci est mon sang, versé pour la multitude, le sang de l’alliance…prenez et buvez ». Ce sang est versé pour la multitude, c’est-à-dire pour tous les hommes. En communiant, au corps et au sang du Christ, on pense à toute l’humanité. Jésus a donné sa vie pour nous sauver tous, pour nous faire passer avec lui, après lui, dans ce passage de la mort et de la résurrection. Notre foi est universelle. Nous ne croyons pas que Jésus n’est venu que pour les chrétiens, il est venu pour tous les hommes et nous devons avoir un rapport fraternel avec tous et toutes quelles que soient les frontières et les religions.

Jésus ce jour-là, comme dans tout l’évangile, parle du Royaume de Dieu. Ce Royaume de l’amour qu’il nous promet. Il boira de nouveau du vin dans ce Royaume, après son Passage, après sa Pâque, après avoir bu jusqu’au bout le calice de la souffrance et après avoir versé son sang sur la croix. Ce combat, c’est aussi le notre. Nous nous associons au combat de Jésus contre le mal, et ça peut être au prix de persécutions. Mais c’est le sang de l’alliance, de la nouvelle alliance. Notre vie chrétienne doit chercher à faire des alliances. Il y a l’alliance du mariage, celle de l’amour. Mais aussi toutes les alliances d’amitié, de fraternité que nous pouvons vivre autour de nous en allant nous aussi jusqu’au bout de l’amour. C’est le sang du Christ qui coule dans nos veines, le sang de l’amour de Jésus.

Et puis (ou plutôt juste avant), Jésus a pris du pain, il l’a rompu en disant : « Prenez, ceci est mon corps ». Jésus partage le pain et se donne en partage. Non pas pour que son corps soit éparpillé mais pour que nous soyons unifiés au contraire. Nous formons le Corps du Christ si nous sommes unis. Unis et complémentaires. St Paul le dira : dans un corps, il y a toutes les parties, nous sommes les membres du Corps du Christ, nous avons tous besoin les uns des autres, et lorsqu’il y en a un qui souffre, c’est tout le corps qui souffre. Nous sommes les membres du Christ, ses bras, ses jambes, ses yeux, ses oreilles ; si nous agissons, écoutons ou parlons, c’est en son nom. Le bien que fait Jésus, il veut le faire en passant par nous. Nous avons une grande responsabilité d’accepter que Jésus agisse à travers nous. Mais pour cela, il faut être unis, il faut avoir soin les uns des autres.

Si Jésus donne son corps en partage, c’est qu’il sait que le monde a faim. Des personnes et des peuples n’ont pas assez de nourriture dans le monde, et c’est dramatique. Nous ne pouvons pas l’accepter et devons œuvrer pour une juste répartition des richesses. Et puis il y a tous ceux qui ont faim de solidarité, de reconnaissance, d’amour. Allons à la rencontre des faims de ce monde, nous qui sommes nourris du Corps du Christ, qui est une nourriture qui se multiplie, qui est inépuisable. La nourriture du Royaume des Cieux dont nous sommes les rois et les reines de par notre baptême, c'est-à-dire les serviteurs.

P. Jean-Christophe Cabanis 
Ex 24, 3-8 ; Ps 115 (116b), 12-13, 15-16ac, 17-18 ; He 9, 11-15 ; Mc 14, 12-16.22-26
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