2ème Dimanche de Pâques B

« La paix soit avec vous ! » Ce sont les premières paroles de Jésus ressuscité à ses apôtres. Les apôtres sont dans la peur. Ils ont été effrayés par la mort de Jésus et ils ont peur de vivre la même chose. Mais Jésus les rassure, et ils passent de la peur à la joie de retrouver Jésus vivant.

Jésus apparait deux fois à ses disciples, à une semaine d’intervalle. La première fois, Thomas n’est pas là mais les autres disciples ont quand même reçu la paix de Jésus. Et pourtant une semaine après, avec Thomas, ils ont toujours peur et se sont verrouillés dans leur maison. Il faut qu’ils soient tous ensemble pour que la paix fasse pleinement son effet. Après, ils n’auront plus peur, leur maison sera déverrouillée, et ils témoigneront ouvertement que Jésus est ressuscité, comme nous dit le livre des Actes des Apôtres.

Thomas est important parce que son attitude incrédule nous rejoint. Nous aussi nous aimerions voir pour croire. Parce que la foi est difficile. Comment croire que Jésus est vivant alors qu’on ne le voit pas ? Même ce que lui disent ses amis ne suffisent pas à faire croire à Thomas que Jésus est bien ressuscité. Thomas verra Jésus, il pourra toucher ses plaies et faire une très belle profession de foi en disant à Jésus : « Mon Seigneur et mon Dieu ! »

Jésus apparait à ses disciples pour les réjouir, pour leur apporter la paix, mais aussi parce qu’il compte sur eux. Pour être ses témoins. Et il leur donne quelque chose, ou quelqu’un qui est une partie de lui-même : Il leur donne son Esprit-Saint. Il leur souffle dessus et les envoie en leur disant : « De même que le Père m’a envoyé, moi aussi je vous envoie ». Le Père envoie son Fils et nous sommes envoyés dans l’Esprit. Nous sommes inclus dans le mouvement de la Trinité. Nous sommes envoyés avec le rôle de remettre les péchés, au nom de Jésus. C’est un rôle de pardon que nous devons tenir. La paix que nous recevons, nous devons la diffuser, être des artisans de paix. Et la paix passe souvent par le pardon. S’il y a des guerres dans le monde, s’il y a des conflits entre des personnes ou dans des familles, c’est qu’il n’y a pas eu assez de dialogue, qu’il n’y a pas eu de demande de pardon. Jésus nous donne sa paix, il nous donne aussi son pardon. Reconnaitre que nous sommes des pécheurs pardonnés, c’est le plus important pour être soi-même des artisans de paix.

Le mot qui ressort aussi de ces textes, en particulier de la lettre de St Jean, c’est l’amour. Croire en Dieu, c’est croire en son amour, c’est se savoir aimé de Dieu et vivre du commandement de l’amour, de nous aimer les uns les autres comme Dieu nous aime. Cet amour, il passe par le partage. Le récit des Actes des Apôtres est un bel exemple. Nous avons entendu qu’ils mettaient tout en commun. Dans ce récit, on sent une grande paix, on sent beaucoup de fraternité.

La foi, nous voyons qu’elle est personnelle. C’est une relation entre Jésus et chacun d’entre nous. « Mon Seigneur et mon Dieu », c’est notre prière à chacun(e). Jésus, nous ne le voyons pas, mais nous croyons qu’il est là, qu’il nous guide dans notre vie, nous donne sa paix au plus profond de nous-mêmes. Notre foi est aussi communautaire. Jésus apparait à ses disciples quand ils sont rassemblés. Jésus est avec nous quand nous prions ensemble, quand nous vivons des moments de partage en son nom. Et la foi est communicative. Jésus est venu sauver tous les hommes. Nous sommes envoyés vers ceux qui ne le connaissent pas, mais qui ont soif de Dieu. Etre témoin de sa foi, c’est aussi être artisan de paix. Demandons-nous, à partir de cette paix que nous recevons, comment sommes-nous des artisans de paix et heureux de croire.

P. Jean-Christophe Cabanis
 
Ac 4, 32-35 ; Ps 117 (118), 2-4, 16ab-18, 22-24 ; 1 Jn 5, 1-6 ; Jn 20, 19-31

 

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