Publié par P. Jean-Christophe Cabanis

Dans ce long évangile, il y a beaucoup d’acteurs et des attitudes différentes. Il y a de la violence lors de l’arrestation de Jésus et au cours de son procès où il est roué de coups, et bien sûr dans sa mort ignoble sur la croix. Il y a de la violence, de l’injustice, du mensonge, puisqu’on accuse Jésus alors qu’il a toujours fait du bien. On lui reproche par exemple de « soulever le peuple en enseignant dans toute la Judée ». Jésus rassemble les foules et soulève les cœurs, mais il n’a jamais voulu faire de mouvement politique, encore moins d’émeute. « Mon Royaume n’est pas de ce monde » dit-il. Alors que pour le mettre à mort, on va relâcher Barabbas, qui lui est un émeutier et un criminel. Pilate ne trouve aucun motif pour le condamner mais il écoute ceux qui crient le plus fort, pour garder son pouvoir.

Jésus, au cœur de la souffrance, a une attitude courageuse, juste, pacifique, il est plein de miséricorde. Il a ardemment souhaité partager son dernier repas, sa dernière Pâque, avec ses apôtres. Il veut partager sa présence autrement avec ses amis après sa mort et sa résurrection : « Ceci est mon corps… ceci est mon sang… » Jésus ne voudra pas être défendu par le glaive au moment de son arrestation. Il aura un regard de pardon envers Pierre quand il l’aura renié trois fois. Il traverse son procès plein de dignité, répond aux questions des grands prêtres et de Pilate pour les confondre, ne répond pas à Hérode qui se croit à un spectacle.

Jésus encourage les femmes qui le suivent et se lamentent. Il pardonne à ses bourreaux sur la croix, il promet le paradis au « bon larron » qui croit en son amour. Jésus est toujours tourné vers son Père : au dernier repas, à Gethsémani dans sa prière douloureuse, au moment de sa mort : « Père, entre tes mains je remets mon esprit ».

Jésus a souffert de solitude tout au long de sa Passion. Il a été abandonné par ses amis, trahi par Judas, mis à mort par les chefs de son peuple, raillé par la foule, elle qui l’avait acclamé à son entrée à Jérusalem.

Pourtant, il y a des signes que la vie va reprendre après la mort, que l’amour est bien le vainqueur. Pierre pleure des larmes de repentir, son amour pour Jésus n’est pas mort malgré sa lâcheté. Le « bon larron » va partir confiant vers « le paradis » que lui promet Jésus. Les femmes sont silencieuses, impuissantes, mais elles sont bien là et elles seront les premières à annoncer que Jésus est vivant, ressuscité. Et puis, il ya le centurion qui affirme sa foi au moment de la mort de Jésus. Il rend gloire à Dieu et admire en Jésus l’homme juste. Il préfigure la conversion des païens. Jésus est venu pour tous les hommes et l’Eglise, après sa résurrection et la Pentecôte, n’aura plus de frontières.

Alors qui sommes-nous dans ce récit de la Passion ? Nous pouvons nous reconnaitre parfois dans nos lâchetés, mais nous pouvons surtout admirer Jésus, méditer ses paroles, ses gestes, et même ses silences. Jésus a donné sa vie pour chacun d’entre nous. Il est vainqueur du péché, de nos péchés, et nous entraine vers la vie éternelle. A nous de le suivre et de proclamer avec St Paul : « Jésus-Christ est Seigneur ».

P. Jean-Christophe Cabanis

Is 50, 4-7 ; Ps 21 (22), 8-9, 17-18a, 19-20, 22c-24a ; Ph 2 6-11 ; Lc 22, 14 – 23, 56

Messe anticipée des Rameaux à Ste-Bernadette, 9 avril 2022

 

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