Lc 2, 1-14 Messe du jour 25 décembre - Bon et joyeux Noël !

crèche à Sainte Bernadette ; 25 décembre
crèche à Sainte Bernadette ; 25 décembre

crèche à Sainte Bernadette ; 25 décembre

Drôle de famille … comme si les nôtres n’étaient pas aussi étonnantes.

Regardons simplement les personnages … Je ne vous les mets pas dans l’ordre, mais peu importe.

D’abord les bergers. Il nous faut sortir du folklore de la fête de Noël. Pourquoi des bergers ? Pourquoi sont-ils les premiers destinataires de l'annonce de cette naissance ? Parce que c'est en cohérence avec ce qui vont être les choix du Christ. Les bergers sont de mauvais croyants, incapables par les exigences de leur travail d'accomplir les prescriptions juridiques de la loi religieuse. Le Christ dans sa vie publique n'aura de cesse de briser les exclusions, qui au nom d'une religion, mettent des gens hors-circuit de l'accès à Dieu. L'annonce aux bergers, est le signe annonciateur que pour Dieu, personne n'est exclu. Ils repartent en louant Dieu car ils ont découvert que l'amour de Dieu ne connait pas de barrière.

Ensuite une femme, Marie. Une femme qui prend soin de son enfant. Regardons-la. Elle nous montre que Dieu a besoin de nous, de nos soins, de notre attention. Cela aussi peut bousculer nos images. Habitués que nous sommes à vouloir que Dieu prenne soin de nous, ici, nous le voyons qui a besoin de nous pour prendre soin de Lui. C'est peut-être entrer dans une vie spirituelle adulte qui donne et se donne après avoir beaucoup reçu.

Enfin un bébé et, paradoxalement, c'est lui le sujet principal. Que peut-il nous apprendre, lui qui ne parle même pas ? Il nous enseigne un Dieu fragile dont on n'a absolument rien à craindre, et nous invite à nous abandonner en confiance comme lui s'est abandonné à nous. Verbe fait chair, Dieu mis au monde. Cela bouleverse nos images de Dieu. Cela dit du neuf en Dieu, du jaillissement, du mouvement, alors que nous le voyons souvent du côté de l'immobilité. Fragilité en Dieu, petitesse, alors que nous le voyons du côté de la puissance et de la grandeur. Un enfant qui peut pleurer, qui a faim, qui boit le lait du sein de sa mère. Se laisser toucher par ça et sentir nos résistances à accueillir ce que Dieu donne à voir de lui. Il est couché dans une mangeoire. Etonnant cette insistance pour dire trois fois qu'il est couché dans une mangeoire ! Un endroit où l'on met la nourriture pour les animaux. Jésus dira un jour : « Prenez et mangez, ceci est Mon Corps livré pour vous. » Ce corps est déjà là pour être nourriture de vie.

Un dernier personnage. « Tout le monde. » Il devait donc y en avoir du monde à la crèche ! Et que fait ce « Tout le monde » ? Il s'étonnait de ce que disaient les bergers. S'étonner. Surtout ne jamais s'habituer à la nouveauté de l'Evangile. Maintenir vivant l'étonnement devant l'inouï de ce qui nous est donné à entendre, à voir.

Sœur Michèle JEUNET, religieuse du Cénacle, Témoignage Chrétien n° 3567 du 22 décembre 2013 page 4.

Bon et joyeux Noël !

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