Jn 15, 1-8 Celui qui demeure en moi et en qui je demeure, celui-là porte beaucoup de fruit

« Maître où demeures-tu ? »  C’est la question que posent à Jésus deux disciples de Jean juste après son baptême. « Venez et vous verrez »… Où les a-t-il amenés ? Car à ma connaissance, nulle part dans l’Evangile on trouve mention d’une maison ou d’une habitation appartenant à Jésus ! On trouve dans Mat 8,20 « les renards ont des terriers et les oiseaux du ciel des nids ; le Fils de l’Homme, lui, n’a pas où poser la tête ».  Et dans le passage que nous venons d’entendre, on ne nous parle pas d’habitation, de maison ou d’appartement mais de vigne et par 8 fois le mot demeure ou demeurer est utilisé.
La vigne, serait-ce la demeure de Jésus ? Il reprend un thème favori  de l’Ancien Testament  (comme dimanche dernier l’image du pasteur). Israël est  comparé à l’image de la vigne, cette vigne que Dieu aimait avec tendresse et fidélité. Rappelez-vous le chant de la vigne du Seigneur dans Is.5,1-7 : « Mon ami avait une vigne sur un coteau fertile, il la bêcha, l’épierra, il y planta du muscat… Il en espérait des raisins, mais elle lui donna du verjus ».
Jésus réactive cette mémoire de la vigne, à travers de nombreuses paraboles :
  • Celle des vignerons homicides qui voulaient s’accaparer le vignoble alors que Dieu seul en est le maître (Mc 12,1-5)
  • Celle de deux fils invités à travailler la vigne : quel est des deux fils le plus fidèle ? Celui qui fait de beaux discours et de belles promesses ou celui qui travaille ? (Mc 21,28.32)
  • Ou encore la parabole des vignerons embauchés à toutes les heures de la journée : tout ce qui vient de Dieu est un don gratuit : pas question de salaire entre le maître de la vigne et les vignerons (Mat 20,1-16).
Aujourd’hui, Jésus franchit une nouvelle étape : il nous dit qu’il est lui-même la vigne , la vraie vigne et c’est son Père le vigneron. C’est lui qui coupe, qui taille et qui tranche pour que justement cette vigne porte du fruit.
« Moi je suis la vigne et vous les sarments » Voilà la demeure de Jésus dans laquelle nous sommes invités à entrer. Ce n’est pas une demeure statique, figée… c’est une demeure qui change au cours des saisons, au cours du temps… Si nous sommes raccordés au cep de vigne, nous porterons du fruit : « ce qui fait la gloire de mon Père c’est que vous portiez beaucoup de fruits, et que vous soyez pour moi des disciples ».
St Jean dans la seconde lecture utilise encore par 2 fois le verbe demeurer. Où demeures-tu ? C’est un point que l’on peut désigner sur un plan ou une carte, c’est aussi le lieu où l’on partage ses relations, ses goûts, ses amitiés, ses responsabilités. Quand on entre dans l’intimité de quelqu'un, on découvre sa véritable demeure. Avec Jésus, elle est intérieure, demeurer c’est vivre avec. Et Jean de nous rappeler : mettre notre foi dans le nom de son Fils Jésus Christ  et nous aimer les uns les autres comme il nous l’a commandé.
Cet amour jaillit de la vigne, même si le vin d’amour est parfois du sang versé. Jean n’a pas oublié que les Ecritures parlaient de la demeure de Dieu qui accompagnait les hébreux durant l’Exode : « Il a dressé sa tente parmi nous : une demeure fragile soumise au gré des vents, mais une demeure largement ouverte à tous les hommes, où tous peuvent y trouver leur place : l’amour de Dieu pour les hommes est universel. Beaucoup de travail reste à faire dans le quotidien de nos vies pour répandre cet amour autour de nous et que cet amour demeure.
Père Charles de Llobet

Evangile selon St Jean 15, 1-8

En ce temps-là,
Jésus disait à ses disciples :
« Moi, je suis la vraie vigne,
et mon Père est le vigneron.
Tout sarment qui est en moi,
mais qui ne porte pas de fruit,
mon Père l’enlève ;
tout sarment qui porte du fruit,
il le purifie en le taillant,
pour qu’il en porte davantage.
Mais vous, déjà vous voici purifiés
grâce à la parole que je vous ai dite.
Demeurez en moi, comme moi en vous.
De même que le sarment
ne peut pas porter de fruit par lui-même
s’il ne demeure pas sur la vigne,
de même vous non plus,
si vous ne demeurez pas en moi.
Moi, je suis la vigne,
et vous, les sarments.
Celui qui demeure en moi
et en qui je demeure,
celui-là porte beaucoup de fruit,
car, en dehors de moi, vous ne pouvez rien faire.
Si quelqu’un ne demeure pas en moi,
il est, comme le sarment, jeté dehors,
et il se dessèche.
Les sarments secs, on les ramasse,
on les jette au feu, et ils brûlent.
Si vous demeurez en moi,
et que mes paroles demeurent en vous,
demandez tout ce que vous voulez,
et cela se réalisera pour vous.
Ce qui fait la gloire de mon Père,
c’est que vous portiez beaucoup de fruit
et que vous soyez pour moi des disciples. »
– Acclamons la Parole de Dieu.


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Source de photo 2
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