Mc 6, 1-6 14e dimanche du temps ordinaire B


Humanité, visage humain de Dieu

« C’est bon de voir le toit de sa maison… » chantait  Nana Mouskouri… hé oui, ça fait 2 ou 3 ans que Jésus a quitté sa maison, sa famille, son village pour parcourir les chemins et les routes de Palestine… Aujourd’hui il revient au pays, tout heureux de retrouver sa mère sa famille, ses amis, son village avec les ombres  et les odeurs des ruelles, les couleurs des maisons… Il se souvient des bons moments passés ensemble, de son travail de charpentier qu’il a accompli ici ou là dans presque toutes les maisons de Nazareth…Il travaillait avec son père Joseph, leur travail à tous deux était apprécié et estimé. C’était comme on dit du bon boulot ! Oui, mais voilà c’est du passé, il ne reste que des souvenirs ! Aujourd’hui les choses ont changé, cela fait un moment qu’il a abandonné le métier de charpentier et qu’il s’est mis à prêcher cette Bonne Nouvelle : Dieu est Père, Dieu vous aime tous, particulièrement les plus petits, ils sont les plus proches de Dieu.

                Ce Jésus que les Nazaréens ont connu, ce fils du pays n’est plus le même… Comme il est difficile d’accueillir quelqu'un qui a changé. On écarquille les yeux, c’est bien lui, mais il a changé !Que diable est-il venu faire au village ? « On le connait celui-là », même s’il n’était plus au village, on entendait parler de lui : il était un peu fou, un peu illuminé… On savait qu’il prenait la parole dans les synagogues et voilà qu’aujourd’hui il est là devant eux, il parle, il enseigne et tout le monde est frappé d’étonnement… étonnement ou jalousie ? « D’où cela lui vient-il ? N’est-il pas le charpentier ? » « On le connaît celui-là », il ne va pas nous raconter des histoires !

                Jésus a vu juste : « Un prophète n’est méprisé que dans son pays, sa parenté et sa maison » et malgré tout il ne ferme pas la porte : « il guérit quelques malades en leur imposant les mains ». Ce que Jésus a accompli depuis 3 ans est connu, mais cela ne suffit pas ! Pourquoi faut-il montrer « patte blanche » ou décliner  son identité ? Parce qu’il est originaire de Nazareth, Jésus est piégé par son origine locale, on lui enlève par principe toute crédibilité « On le connait celui-là, il et de chez nous… »

                En fait qu’on le connaisse, ou qu’on ne le connaisse pas, le prophète qui appelle à la conversion, au changement de cœur n’est pas nécessairement apprécié. C’est d’ailleurs ce que laissait entendre Ezéchiel dans la première lecture : « Qu’ils écoutent ou qu’ils n’écoutent pas, c’est une engeance de rebelles… Ils sauront qu’il y a un prophète au milieu d’eux ! »

                On a beau se demander d’où il débarque, le prophète interroge, bouscule. C’est ce que fait Jésus aujourd’hui à Nazareth. Même si ses auditeurs pensaient pouvoir contrôler, canaliser, cadrer et administrer l’affaire-Dieu, ils n’en sont pas moins déboussolés par cet homme qu’ils ne connaissent que trop, qu’ils qualifient d’irresponsables et dangereux. Devant eux il  parle de plus grand que lui. Il n’hésite pas de dénoncer le désordre établi, l’idolâtrie du pouvoir et de l’argent, l’hypocrisie, les ronds de jambes et les grimaces.

                Jésus ébranle toute conviction, on a beau connaître ses compagnons et ses supporters depuis 20 siècles, son message reste redoutablement neuf : le visage humain de Dieu, le visage divin de l’humanité !

Père Charles de Llobet
photo
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