Mt 25, 14-30 Parabole des talents à la Journée nationale du Secours Catholique

Drôle de parabole que cette histoire des talents. Initialement un talent était une mesure de poids et aussi de monnaie. Mais pas une petite pièce, cela représentait quelque 20 à 30 ans de salaire minimum de l’époque soit pour 20 ans quelque 250.000 €… Une histoire de gros sous !

A la suite de cette parabole le talent est devenu dans le langage courant ce don, cette capacité que chacun nous avons reçu pour en faire profiter les autres : musique, peinture, mathématiques, histoire, intelligence, finesse, élégance, compréhension, gaîté…etc…

Aujourd’hui, cette parabole pose problème…Car comme je le disais, il est question de gros sous, or c’est bien d’actualité. Tous les jours j’entends parler de sommes vertigineuse : des milliards de la dette, des impôts, de la sécu…Je sais ce que représente un billet de 10, 20 ou 50 euros…mais des milliards, cela dépasse mon entendement.

Et pourtant, Jésus nous raconte une histoire pas banale. Un homme, ce n’est pas un roi, mais certainement un grand ponte de la finance qui a bien su gérer ses affaires, décide de partir en voyage, aux îles Marquises ou dans quelques paradis fiscaux…mais comme il ne peut tout emporter (vous savez comme moi que l’évasion fiscale est répréhensible… alors prudence !) il confie une partie de ses biens à des collaborateurs de confiance (ses serviteurs nous dit Matthieu). Et rappelez-vous ce que j’ai dit au départ, ce ne sont pas de petites sommes, au premier il confie plus d’un million d’euros, au second quelques 500.000 et 250.000 au troisième, certainement en fonction de leur compétence… Voyez que ce n’est pas rien !

Que  vont-ils  en faire ? Le premier a dû faire quelques transactions immobilières et du coup il double la mise, le second pareil il a doublé la mise on peut imaginer qu’il a dû faire des placements fructueux en bourse. Quant au 3ème, on ne sait jamais, si je risque l’argent qui m’a été confié et si je le perds, connaissant l’âpreté et la dureté de mon maître, qu’est-ce que je  vais devenir, tant vaut mieux cacher cet argent et je le lui rendrai dans son intégralité…

Longtemps après, nous dit Matthieu, le maître est de retour. Pendant ce long temps, les serviteurs ont eu le temps de manigancer leurs petites affaires…Aujourd’hui il faut rendre les comptes. Les 2 premiers sont félicités et même récompensés de la manière dont ils ont géré le capital qui leur avait été confié.

Quant au 3ème, celui qui rend intégralement la somme qui lui avait été confiée, la sentence est sans appel « Jetez-le dehors, là il y aura des pleurs et des grincements de dents »… et pourtant, selon la loi rabbinique, il était parfaitement dans son droit : « enfouir dans le sol un dépôt confié est un moyen tout à fait légitime, le plus sûr contre les voleurs ».

                               Que retenir de cette parabole ?     Il y a plusieurs leçons…

  • L’argent par lui-même n’est pas mauvais en soi dans la mesure où il reste un moyen de relation et aussi de partage. Il devient mauvais lorsqu’il devient un but en soi, l’accaparement et l’accumulation des richesses est condamnable. Quand on sait que 10% de la population mondiale détient 86% des richesses de la planète, il y a quelque chose qui ne tourne pas rond, on comprend qu’i l y ait de plus en plus de pauvres !
  • La parabole en réalité n’est pas une question d’argent. Ce sont ces richesses que Dieu a données à chacun de nous, il nous est demandé de les faire fructifier, de mettre nos talents au service des autres.
  • Les talents c’est cette vie de Dieu, qui est en nous. Ce qui est reproché au 3ème serviteur, c’est son manque d’empressement à faire valoir ce qu’il avait à gérer.
  • Cette parabole nous rejoint tous : quel que  soit notre âge, notre situation, notre état de santé, personne n’est privé des dons de Dieu. Il donne à chacun selon ses possibilités, à nous en retour de donner le meilleur de nous-mêmes pour le service des autres.
  • C’est vrai que nous vivons dans un monde dur et violent et que de plus en plus de gens sont abandonnés au bord de la route… Une fois par an  le Secours Catholique est là pour nous rappeler que nous devons être des semeurs de partage, de paix, de joie et d’amour. Tous les bénévoles de Secours Catholique ne cessent de rencontrer des personnes qui vivent de grandes précarités : ils ne possèdent pas de biens matériel ou si peu, mais certainement qu’ils ont conscience qu’une main tendue, une aide, leur ouvre des relations, leur redonne une dignité.

P. Charles de Llobet

Mt 25, 14-30 Parabole des talents à la Journée nationale du Secours Catholique

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