Publié par P. Jean-Christophe Cabanis

Cet évangile est au début de l’évangile de St Jean, il est le premier signe de Jésus (St Jean ne parle pas de miracles mais de signes). Jésus dit dans cet évangile que son heure n’est pas encore venue. L’heure de Jésus, ce sera sa Passion et sa résurrection, ce sera sa gloire. Tout l’évangile sera une préparation à cette heure et les signes font partie de cette préparation. Il y en aura 7, et le 8ème, la pêche miraculeuse, se produira quand Jésus sera ressuscité. Que le premier signe se passe au cours de noces n’est pas non plus un détail. Jésus est venu célébrer ses noces avec l’humanité, les noces de l’Agneau, comme dira St Jean dans l’Apocalypse. A des noces, les époux échangent des alliances. Nous croyons en un Dieu qui fait alliance avec les hommes depuis l’origine, et quand les hommes rompent l’alliance, il la renouvelle, et il la renouvelle surtout avec l’envoi de son Fils Jésus.

Le symbole du vin dans cet évangile est aussi très important puisque Jésus, le soir de sa Passion au Jeudi Saint, prendra du vin et dira, en demandant de le boire : « Ceci est mon sang, le sang de l’alliance nouvelle et éternelle, qui sera versé pour vous et pour la multitude en rémission des péchés… » Jésus s’engage dans cette alliance en versant son sang, en donnant sa vie au prix d’une grande souffrance, et son sang circule dans nos veines pour que nous puissions agir en son nom, au nom de son alliance.

Les noces, elles célèbrent bien sûr l’amour. C’est l’amour qui est au cœur de l’évangile comme il est au cœur de notre foi. Les époux sont discrets dans cet évangile, on ne les cite pas et ils n’apparaissent pas, pourtant Jésus est venu pour eux, lui qui est la source de la joie et de l’amour à partir de ce vin venu de l’eau qu’il a transformée. Nous pouvons penser à tous les couples, les familles, Jésus est avec eux, en particulier lorsqu’ils rencontrent des difficultés.

Les serviteurs aussi sont discrets. Ils ne posent pas de questions, ils obéissent à Jésus et ils sont les 1ers témoins de l’extraordinaire qui est en train de se produire : de l’eau changée en vin, et un vin excellent ! Pour les disciples, ce moment inaugural est fort aussi parce qu’à partir de là, ils croient en Jésus. Les signes sont bien là pour procurer la foi.

Et puis il y a Marie. Discrète encore, indispensable : c’est elle qui alerte Jésus sur le fait qu’ils n’ont plus de vin, qui alerte aussi les serviteurs pour qu’ils fassent comme Jésus le leur dira. Marie est associée aux disciples. Elle est à la fois disciple elle-même tout en restant la mère de Jésus, et elle sera la mère de Jean au pied de la croix et de nous tous. Nous sommes bien dans un climat familial où l’amour est au centre. Nous-mêmes, nous sommes à la fois les disciples mais aussi les serviteurs qui agissons au nom de Jésus, au service du Royaume de Dieu. Nous sommes aussi au cœur de la noce parce que Jésus donne son amour à chacun d’entre nous, verse son sang pour tous.

Si nous sommes invités aux noces de l’Agneau, nous sommes aussi invitants. Et pour cela, nous avons tous les dons, les dons de l’Esprit comme nous le rappelle St Paul. Il y a le don de sagesse, de foi, de guérison, de prophétie, de parler plusieurs langues… A nous de bien connaitre nos dons, de les cultiver, d’en remercier le Seigneur et de les mettre au service du Royaume de Dieu, des noces de l’Agneau.

Notre monde nous inquiète, comme s’il n’avait plus de vin ou plus de joie à cause de tous les soucis qui dominent. Marie signale aujourd’hui à Jésus ce découragement, cette inquiétude. Jésus nous demande de préparer notre eau, celle de notre baptême, de notre pureté, une eau bénie par l’Esprit-Saint. A partir de notre baptême, de nos dons de l’Esprit, nous pouvons participer à un monde renouvelé, où ce ne sont pas les intérêts financiers ou la puissance qui l’emportent, mais bien l’amour.

Soyons attentifs aux signes que Jésus nous donne au quotidien. Ils ne sont pas spectaculaires mais ils sont bien présents. « A ton pays nul ne dira Désolation » prophétise Isaïe. Car le Seigneur t’a préféré, et cette terre deviendra l’Epousée ».

P. Jean-Christophe Cabanis

Is 62, 1-5 ; [Ps 95 (96), 1-2a, 2b-3, 7-8a, 9a.10ac] ; 1 Co 12, 4-11 ; Jn 2, 1-11

 

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