Noël, Noël, une certaine fièvre entoure cette fête...

Noël, une certaine fièvre entoure cette fête… Pendant quelques heures on redevient des petits enfants, un rêve d’un monde vrai,  simple plein d’amitié  et d’amour… On aime bien tous ces messages de Noël que nous transmettent ces contes et légendes , ils nous laissent des images de lumière, de joie, de simplicité de partage, de tendresse : une maman et un bébé !

Tout est parti de ce texte de Saint Luc que nous venons d’entendre.

Joseph, en bon citoyen, va se faire recenser avec Marie son épouse. Pour cela il doit se rendre à Bethléem, ville d’origine de sa famille. Nazareth – Bethléem : 145km… à peine 2 heures de voiture par l’autoroute ! Sauf qu’aujourd’hui il n’y a ni voiture ni autoroute, le seul moyen de locomotion un âne, seule voie d’accès des chemins caillouteux plus ou moins larges qu’on ose appeler routes. A la vitesse d’un âne c’est une semaine de voyage en perspective (les pèlerins de St Jacques de Compostelle ne font pas plus de 30 kms par jour).

Pour cette expédition « bison futé » voit rouge, en effet le recensement  entraîne un mouvement de foule à travers le pays, chacun devant se faire inscrire dans sa ville natale. La Palestine est le passage obligé entre la Syrie et l’Egypte, les caravanes de chameaux et de dromadaires  pour transporter les marchandises  traversaient le pays, sans compter les mouvements incessant des convois militaires pour aller d’une garnison à une autre , et on peut ajouter en prime les vacances d’hiver, où les habitants de Jérusalem partaient à la montagne. Jérusalem comptait alors 80.000 habitants…La traversée de Jérusalem devait être l’équivalent des heures de pointe de notre périphérique… Les bouchons ce n’est pas nouveau… Ce n’est qu’au bout d’une semaine que Joseph et Marie arrivent  à Bethléem. .. Il fait déjà nuit, une nuit d’hiver ! Vous savez ces nuits sans nuage, où le ciel est constellé de milliers d’étoiles et qui annoncent le froid et le gel pour le levé du jour !

Les premiers arrivés pour le recensement se sont installés dans les hôtels et auberges, il n’y a plus de place… C’est dans les environs du village, dans une grotte qui servait d’étable pour les animaux qu’ils vont se réfugier…Alors que le monde est en effervescence , dans le silence, au milieu des animaux, sur la paille que va naître celui que l’on peut appeler  « l’oublié du recensement »

Recensement… « L’empereur Auguste ordonna de recenser toute la terre… » Un peu présomptueux cet Auguste, comme s’il était le seul maître du monde… Saviez-vous que 2 ans après, l’empereur de Chine organisera lui aussi un recensement. Les résultats en disent long sur sa puissance : 57 millions d’habitants, ce n’est pas rien.

L’empereur Romain règne sur 3 millions de Km2, 87 millions d’habitants dont un million à Rome, mais sa présomption ne s’arrête pas là, quelques années avant il avait  décréter de réunir sur lui tous les pouvoir politiques, militaires et religieux, en s’arrogeant le titre de « Pontife Suprême » et l’année civile commencerait le jour de son anniversaire. On retrouvera près d’Ephèse en Turquie une inscription qui dit bien le climat religieux imposé par le pouvoir  romain : « le jour de la naissance de ce Dieu (évidemment c’est Auguste ) a été pour le monde le commencement de bonnes nouvelles reçues grâce à lui » curieux non, on pourrait l’appliquer à Jésus !

La naissance de Jésus, quel  contraste ! Un lieu anonyme, dans les environs d’un petit village qu’est Bethléem, une grotte, de la paille, au milieu des animaux, loin des palais et de la cour des grands…Naissance sans importance, ignoré de tous, il ne figurera pas dans les annales impériales, c’est « l’oublié du recensement ».

Comme lui, aujourd’hui encore, combien d’hommes, de femmes, d’enfants sont des oubliés, ils n’intéressent personne.

Et pourtant,  il s’inscrira au cœur de millions et de millions d’hommes et de femmes dans l’immense chaîne des générations. Dieu en se faisant homme en Jésus-Christ, révèle à chacun sa grandeur et sa dignité d’homme.

Telle est la Bonne Nouvelle en ce jour de Noël, celle qu’annoncent  les anges aux bergers : « … grande joie pour tout le peuple »

Pour Jésus, pas de recensement pour dominer l’univers, mais une communion universelle des hommes par la naissance de Dieu en chacun de nous.

Noël : c’est Dieu avec nous, Dieu en nous, l’homme et Dieu ne font qu’un ! C’est cela la joie de Noël !

Dès lors, notre regard envers les hommes n’est plus le même, tous sont à l’image de Dieu :

                Les malades ne sont pas que des malades, ce sont des hommes, des femmes avec leurs souffrances et leurs angoisses…

                Les chômeurs ne sont pas que des chômeurs, mais des hommes avec leurs misères et leurs soucis…

                Les musulmans ne sont pas que des musulmans, ce sont des croyants, des hommes avec leur inquiétude…

                Les migrants, ne sont pas que des migrants avec ou sans papier, ce sont des hommes en quête d’une terre d’asile…

En ce soir de Noël, Jésus nous accueille tous, avec nos richesses, nos joies, nos espérances et aussi nos faiblesses et nos misères, la vraie joie de Noël, est de nous accueillir les uns les autres, comme lui nous accueille !

Père Charles de Llobet

Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article