Dimanche de Pentecôte année C

Le récit de la Pentecôte, nous sommes toujours heureux de le réentendre chaque année. Il marque un grand changement entre l’évangile où c’était surtout Jésus qui parlait et qui était à l’œuvre, et les Actes des Apôtres où les apôtres vont prendre longuement la parole, eux qui parlaient peu, comme Pierre, et ensuite Paul.

Ils sont transformés par l’Esprit de Jésus, l’Esprit-Saint que Jésus leur avait promis le jour le l’Ascension. Jésus n’est plus présent physiquement, mais il est présent par son Esprit si nous lui laissons une place. C’est en nous-mêmes qu’il veut demeurer pour nous apprendre à aimer comme Jésus et pour nous défendre. Puisque Jésus appelle l’Esprit-Saint le Défenseur. Nous croyons en un Dieu qui nous défend, qui défend surtout les plus petits.

St Paul parle bien lui aussi de l’Esprit-Saint. Il est celui qui nous aide à lutter contre le mal, qui tue les agissements du péché, qui nous rend justes. Mais surtout, il nous révèle que nous sommes des fils et des filles de Dieu. Que nous pouvons, grâce à l’Esprit, nous tourner vers le Père et l’appeler Abba, Papa. Nous nous savons aimés par le Père. Etre enfant de Dieu, c’est être libre. Et c’est aussi être héritier nous rappelle St Paul. Héritier du Royaume de Dieu, c’est-à-dire en être responsable. Etre fils, fille de Dieu, c’est nous souvenir que nous sommes alors frères et sœurs universels, que nous avons en particulier la responsabilité de nos frères et sœurs les plus petits et les plus vulnérables. Responsables aussi de la planète, de la Création.

Dans le récit des Actes, l’Esprit-Saint est représenté sous deux formes, deux symboles : le vent et les langues de feu. Le vent, c’est celui qui nous envoie au large. Et après la Pentecôte, l’Eglise naissante franchira les frontières pour aller toujours plus loin annoncer la Bonne Nouvelle. On pourrait se dire que pour franchir les frontières, il y aura toujours l’obstacle de la langue. Non, parce que les langues de feu tombent sur les apôtres et tous les disciples réunis en prière, se mettent à parler dans toutes les langues, grâce à ce don de l’Esprit. La mission dépassera toujours l’obstacle de la langue. Ou plutôt, connaitre la langue de l’autre pour lui parler du Christ sera toujours un effort des missionnaires. C’est ainsi que St Charles de Foucault a appris la langue touareg et a même fait un dictionnaire.

Connaître la langue de l’autre ou son langage, c’est le défi qui est donné à l’Eglise d’aujourd’hui, comme à toutes les époques. Nous vivons le temps de la sécularisation. Notre Eglise peut paraître un peu décalée, vivre un peu repliée sur elle-même. Elle doit se sentir poussée par l’Esprit, faire confiance à l’Esprit qui nous donne un langage pour rejoindre ceux et celles qui sont en attente.

Le langage qui nous est donné, c’est celui de l’amour, celui de la fraternité, de la paix, de la miséricorde. C’est celui-là qui est universel, qui est sans frontière. Et ce ne sont pas que des mots, ce sont aussi des actions à mettre en œuvre.

Faisons le plein d’Esprit-Saint en ce temps de Pentecôte pour dépasser les frontières de nos cercles habituels, pour apprendre à connaître la langue de ceux et celles qui sont différents(es) de nous mais qui pourtant nous ressemblent puisqu’ils sont nos frères et sœurs en humanité. Que l’Esprit-Saint fasse de nous, par notre foi et nos engagements, des défenseurs de la paix, des droits de l’homme, des défenseurs de notre grande famille humaine et de toute la Création.

P. Jean-Christophe Cabanis
Ac 2, 1-11 ; Ps 104(103), 1ab.24ac.29bc-30.31.34 ; Rm  8,8-17 ; Jean 14,15-16.23b-26.

 

 
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