Psaume 21 (22) Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m'as-tu abandonné ?

Esprit de Dieu, ouvre mon intelligence et mon cœur.
1. Que dit ce texte ? 2. Que me dit ce texte ? 3. Que vais-dire au Seigneur ? 4. Vivre dans la grâce du texte.
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Psaume 21 (22)
2. Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m'as-tu abandonné ?
8. Tous ceux qui me voient me bafouent, ils ricanent et hochent la tête :
9."Il comptait sur le Seigneur : qu’il le délivre ! Qu’il le sauve, puisqu’il est son ami !"
17. Oui, des chiens me cernent, une bande de vauriens m'entoure ; ils me percent les mains et les pieds,
18. je peux compter tous mes os.
19. Ils partagent entre eux mes habits et tirent au sort mon vêtement.
20. Mais toi, Seigneur, ne sois pas loin : ô ma force, viens vite à mon aide !
22. Tu m'as répondu !
23. Et je proclame ton nom devant mes frères, je te loue en pleine assemblée.
24. Vous qui le craignez, louez le Seigneur.

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Ce psaume est appelé "Psaume du Serviteur Souffrant". Nous y voyons le Christ en Croix. Bien que le psaume ait été écrit plusieurs siècles avant. Jésus mourant crie sa souffrance avec les premiers mots du psaume : Vers la neuvième heure, Jésus cria d’une voix forte : ''Éli, lema sabactanie ?", ce qui veut dire : "Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? (Mt 27,46 et Marc 15,34)..

2. Pourquoi ? Une interrogation que nous trouvons dans d'autres psaumes, dans Jérémie, dans Job. Question qu’il nous arrive d'adresser à Dieu dans nos vies personnelles. Question que nous pouvons dire ou penser sur la situation de notre monde (guerres, famines, maladies, etc.) Mais où est Dieu ? Particulièrement en cette période de maladie mondiale... Mais, où es-tu, Seigneur ? Pourquoi ?

* Pourquoi, Seigneur, es-tu si loin ? Pourquoi te cacher aux jours d'angoisse ? (Ps 9b)

* Réveille-toi ! Pourquoi dors-tu, Seigneur ? Lève-toi ! Ne nous rejette pas pour toujours. Pourquoi détourner ta face, oublier notre malheur, notre misère.(Ps 43)

* Pourquoi me rejeter, Seigneur, pourquoi me cacher ta face ? (Ps 87)

* Dieu de ma louange, sors de ton silence. (Ps 108)

8 et 9. Les moqueries envers Jésus en croix, par les passants, par les grands prêtres, par les bandits crucifiés avec lui... Où suis-je dans cette foule ? Quelle est mon attitude ?

17 et 18. Ces "chiens", ces "vauriens" qui percent "les mains et les pieds" du Christ... Les plaies du Christ, refuges pour moi, (ainsi que la plaie du coup de lance dans son côté). Un moine du 12ème siècle : Homme, entre dans le rocher, cache-toi dans le creux de la terre, place ta retraite dans les Plaies du Divin Crucifié. Il est la pierre, il est la terre, parce qu'il est à la fois Dieu et homme, il est la pierre creusée, la terre fouillée, car il dit lui-même : "Ils ont creusé mes mains et mes pieds, ils ont inventorié tous mes os".

19. Le partage des vêtements. Partage fait par les soldats romains. On peut voir ce geste comme un symbole de l'entrée des païens dans l’Église, les nations païennes vont se partager chacune une part de la souffrance rédemptrice du Christ.

20. La force du Crucifié. Au sein de la souffrance, Jésus veut croire à la certitude de la proximité de Dieu son Père. Je t'aime, Seigneur, ma force : Seigneur, mon roc, ma forteresse, Dieu mon libérateur, le rocher qui m'abrite, mon bouclier, mon fort, mon arme de victoire ! (Ps 17)

22. Tu m'as répondu. La liturgie n'a pris que la fin du verset 22. Le voici en entier : Sauve-moi de la gueule du lion et de la corne des buffles. Alors surgissent soudainement ces quelques mots : Tu m'as répondu. Quelques mots qui ouvrent à un tiers du psaume, un tiers fait de confiance, d'espérance et même de joie. Jésus ne crie que le début du psaume. Mais il a dans le cœur tout le psaume, il n'a pas la force de le proclamer en totalité. Il prophétise la libération et le triomphe du Messie, et la fécondité de son Sacrifice. Ce psaume de la Passion du Christ est donc aussi un psaume de Pâques. Embrasser d'un même regard la Croix et la Résurrection. Lorsque l'évangéliste Jean parle de la passion, il n’emploie jamais les mots "croix-crucifier", il parle d’élévation. Pour Jésus, sa Passion, c’est le moment de son intronisation royale, c’est le moment de son retour vers le Père, c’est le moment de sa glorification. Pour l'évangéliste Jean, "crucifier"Jésus, c’est "l’élever". Jésus en croix est devenu pour Jean le roi qui règne à partir du trône royal de la croix. C’est ainsi que Jean comprend la croix : elle n’est pas un échec, elle est le lieu de la victoire de Jésus, c’est de ce lieu que Jésus commence à régner.

23. Je proclame ton nom devant mes frères, je te loue en pleine assemblée.Le psalmiste peut sortir de sa solitude, il appelle ses frères à partager son allégresse. Il appelle aussi les "craignants Dieu", les hommes et femmes de bonne volonté, tous ceux, toutes celles qui en ce moment se donnent au service de la société. Il y a, il y aura, une joie de Pâques pour eux. C'est, finalement un psaume d'espoir, si nous n'en restons pas pas au premier verset.

24. Vous qui le craignez, louez le Seigneur. ''Crainte de Dieu''. En langage biblique, ici, affection respectueuse envers Dieu.

La tempête apaisée. Lui dormait sur le coussin à l’arrière. Les disciples le réveillent et lui disent : ''Maître, nous sommes perdus ; cela ne te fait rien ?'' (Marc 4,35s). Avec le pape François, nous pouvons dire :''Réveille-toi, Seigneur!'' (Vatican News 27 mars 2020)  La crise douloureuse que nous vivons avec la pandémie ''démasque notre vulnérabilité et laisse à découvert ces certitudes fausses et superflues avec lesquelles nous avons construit nos agendas, nos projets, nos habitudes et nos priorités'' [...] ''maintenant, pendant que nous sommes sur une mer agitée, nous t’en prions : Réveille-toi, Seigneur!''

Paul C.

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