Dimanche des Rameaux et de la Passion  B

Si on fait deux colonnes dans tout ce récit de la Passion entre les personnes qui ont eu une action positive et celles qui sont violentes ou lâches, on comprend que Jésus se sente très seul sur la croix et qu’il crie vers son Père : « Pourquoi m’as-tu abandonné ? » Ses disciples l’ont abandonné, les chefs des prêtres usent de mensonges et retournent la foule contre lui et les gardes sont violents. Sur la croix, il n’y a pas de compassion, seulement des moqueries.

Pourtant, il y a cette femme qui lui verse un parfum de grande valeur sur sa tête au début de l’évangile. Elle a compris que l’amour de Jésus n’a pas de prix. Et les femmes, ce seront-elles les plus fidèles puisqu’elles observaient de loin la crucifixion, en pleurant, et elles seront les premières au tombeau. On peut féliciter ces femmes d’être au début et à la fin de la Passion, elles sont impuissantes mais elles sont bien présentes.

Il y a Pierre qui fond en larmes. Il n’a pas le beau rôle durant la Passion. Il s’est endormi à Gethsémani puis va renier Jésus trois fois, lui qui était le plus sûr de son amitié pour Jésus. Il va fondre en larmes lorsque le coq aura chanté deux fois, selon la prédiction de Jésus. « Heureux ceux qui pleurent, ils seront consolés » a dit Jésus par ailleurs. Pierre a ses faiblesses, mais il conserve son amour pour Jésus, et il obtiendra le pardon de Jésus.

Il y a le brave Simon de Cyrène et Joseph d’Arimathie qui aident Jésus, l’un à porter sa croix, l’autre à lui donner une sépulture digne. Eux aussi sont impuissants à retourner l’ordre des choses, mais ils donnent le meilleur d’eux-mêmes.

Et puis il y a le centurion qui est complètement bouleversé par l’attitude de Jésus sur la croix et par sa mort. C’est lui qui le premier affirme sa foi, avant même la résurrection de Jésus : « Vraiment cet homme était Fils de Dieu ». Il est le premier du monde païen à reconnaître la divinité de Jésus, Jésus qui est venu pour tous les hommes.

La crucifixion de Jésus est un drame, et des drames, il y en a tous les jours dans le monde, malheureusement. Jésus est au cœur des souffrances humaines, il les prend sur lui. Il ne répond pas à la violence par la violence mais par la parole ou le silence selon les cas. Par l’amour toujours, l’amour des ennemis. Jésus n’a pas subi sa Passion, il en a été acteur au point de provoquer l’admiration et la foi du centurion. Et il confie l’eucharistie à ses apôtres à travers son Corps et son Sang. Sa mort n’est pas la fin, elle est un passage, une Pâque.

Soyons attentifs aux souffrances humaines, aux injustices, essayons de les adoucir, même si nous nous sentons nous aussi souvent impuissants. Soyons surtout témoins d’un Dieu qui nous sauve, dont l’amour va jusqu’à donner sa vie pour nous sur une croix, dont l’amour est vainqueur du mal et de la mort.

P. Jean-Christophe Cabanis

 

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