Soigner avec le coronavirus -Témoignage par deux paroissiennes : 1 médecin, 1 aide-soignante

Soigner c’est prendre soin des autres, soigner c’est écouter, c’est rester avec ceux qui souffrent, qui ont besoin d’attention. Soigner c’est aussi toucher, regarder, sourire. Quand soigner est son métier et quand soigner est notre quotidien, cela veut dire se lever avec le souci de l’autre, être exigeant et donner ce que l’autre peut avoir de mieux pour passer un cap, être accompagné, aller de l’avant

Quand le coronavirus est apparu, nos habitudes de vie ont changé, nos rapports à l’autre se sont modifiés, nous intégrons de nouvelles consignes. Être à distance, porter des masques, se laver les mains, être confiné. Quand le coronavirus se propage dans nos lieux de soin, soigner devient différent.

Mettre des gants, des lunettes, des charlottes sur nos cheveux, des masques dit FFP2, les fameux masques de chantier, des blouses, des surblouses,  notre quotidien a changé. Faire le strict soin, ne plus rester trop auprès du patient « covid+ », ne plus avoir le temps de l’écouter, lire l’inquiétude de cette maladie sournoise dans le regard des plus fragiles, chercher des nouveaux symptômes, être inquiet d’une soudaine gravité, attendre le lendemain avec inquiétude. Comment la situation de chacune ou de chacun va évoluer ?

Etre si près du covid-19 c’est aussi se demander, vais-je l’attraper, est-ce que je vais le ramener à la maison, est-ce que je vais être infectée ? Est-ce que je vais le transmettre à mes proches, à d’autres patients ? Suis-je porteuse asymptomatique ?  Soigner des patients atteints de coronavirus, c’est aussi se demander si on ne serait pas vecteur du virus ?

Alors on se protège, s’habiller, couche après couche, se déshabiller, se laver les mains, s’éloigner des autres, ne pas toucher son masque, être précis, encore plus dans les actes de soins, de diagnostics.

Quand des patients sont des personnes âgées en résidence, que les soignants tombent malades, que le téléphone sonne pour demander de l’aide, du renfort, j’ai répondu présente. Soigner quand le covid se faufile dans des lieux de vie, des lieux de soins, nos armes sont aussi l’espérance, l’entraide, la solidarité. Affronter ses peurs, rester vigilant, mais soigner, ajuster les traitements mais aussi accompagner, répondre aux inquiétudes des familles. Soigner avec le covid, c’est tenter de garder l’humanité du soin avec toutes ces barrières imposées. 

L’arrivée de soignants bénévoles dans un Ephad en pleine crise de covid quand résidents et soignants sont touchés par ce virus et que vos habitudes de travail sont chamboulées est bien plus que du renfort. 

Donner de son temps et de sa personne bénévolement pour son prochain il n’y a pas de geste et témoignage d’humanité plus grand et plus beau dans cette période d’inquiétude, de peur et d’incertitude!

Deux paroissiennes, médecin et aide-soignante

 

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