Fête de la Toussaint B

Les Béatitudes, nous les aimons parce qu’elles parlent de bonheur. Nous croyons en un Dieu qui veut que nous soyons heureux. Et puis elles sont comme une charte de la vie chrétienne. Parce que le bonheur, nous le recevons, en tant qu’enfants de Dieu, et nous y accédons aussi par notre action. Les Béatitudes décrivent un état mais aussi un programme ! D’ailleurs ce programme, ou ces conseils pour la vie chrétienne continuent dans le discours sur la montagne où Jésus demande par exemple d’aimer ses ennemis, ce qui parait très difficile.

Les Béatitudes sont de l’ordre de l’être : être pauvre de cœur, être doux, être pur. La pauvreté de cœur, c’est l’humilité. C’est croire que notre cœur, il n’y a que le Seigneur qui peut le combler. Le contraire serait la saturation : un cœur qui n’a plus de place pour recevoir l’amour de Dieu ou des autres.

Les Béatitudes sont aussi du côté du « faire » : il s’agit d’être affamé de justice et d’être artisan de paix. « Heureux les artisans de paix, ils seront appelés fils de Dieu ». Etre enfant de Dieu, c’est un beau cadeau, mais c’est un engagement aussi, à la suite de Jésus qui a donné sa vie pour nous. Cela peut nous engager aussi à subir des persécutions. Mais le bonheur, c’est de se savoir reliés au Christ. Le bonheur, c’est de se savoir aimés et choisis par lui. Le bonheur, il est avant tout intérieur. Et si notre bonheur est profond, alors il est contagieux. Nous sommes heureux de rendre les autres heureux autour de nous, grâce à notre attention, notre souci de justice et de paix, notre souci de transmettre la foi. Les Béatitudes ne décrivent pas des qualités humanitaires mais missionnaires.

Et puis elles ouvrent un horizon qui dépasse notre temps terrestre. C’est le Royaume des Cieux que Jésus promet à ceux et celles qui suivent la charte du bonheur. Et dans ce Royaume, Jésus nous promet non seulement d’être avec Dieu mais de le voir : « Heureux les cœurs purs, ils verront Dieu ».

La pureté, St Jean en parle aussi dans la lettre que nous avons entendue, et aussi du fait de voir Dieu : « Quand cela sera manifesté, nous serons semblables à Dieu car nous le verrons tel qu’il est. Et quiconque met en lui une telle espérance se rend pur comme lui-même est pur ».

La pureté, ce n’est pas seulement à partir de nos efforts qu’on l’acquiert, mais c’est notre aspiration vers Jésus qui nous rend purs. St Jean va loin en disant que nous lui serons semblables. Le Royaume des Cieux, c’est être au niveau de Dieu ! Nous croyons en un Dieu Trinité qui nous invite à partager sa condition divine. Ceux et celles qui l’ont le mieux compris sont les saints et les saintes. Ils se sont rapprochés de Dieu pas seulement par leurs propres forces, mais par leur confiance, par leur foi. Ste Thérèse de l’Enfant Jésus disait que monter l’escalier qui menait au ciel lui paraissait trop dur, alors elle a choisi l’ascenseur des bras de Jésus ! Elle était vraiment une enfant de Dieu tout en étant mûre dans sa foi et dans ses responsabilités au sein du carmel de Lisieux.

Le livre de l’Apocalypse parle d’une foule immense de sauvés, venant de toutes les nations. Ils sont vêtus de robes blanches rappelant là aussi la pureté. Leurs robes ont été purifiées par le sang de l’Agneau. Jésus a donné sa vie pour nous. C’est lui qui nous sauve, qui nous conduit sur le chemin de la sainteté et aussi de la pureté. Soyons dignes de la couleur blanche de notre baptême, par la pureté de notre cœur, de nos intentions, par notre bonheur de croire communicatif.

P. Jean-Christophe Cabanis

Ap 7, 2-4.9-14 ; Ps 23 (24), 1-2, 3-4ab, 5-6 ; 1 Jn 3, 1-3 ; Mt 5, 1-12a

Merci à l'auteur de cette photo

 

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